la cour des comptes maintient la pression sur le déficit de la france
la cour des comptes maintient la pression sur le déficit de la france © reuters

Selon la Cour des comptes, il manquera en 2014 et 2015, 28 milliards d'euros pour rester dans les clous du déficit imposé par Bruxelles. Il va falloir tailler dans les dépenses. Où ? Les sages de la rue Cambon ont des suggestions.

Les mesures proposées

Et si on supprimait l'augmentation automatique des prestations sociales liée à l'inflation ? En clair, ça consisterait à geler mes pensions de retraites, les aides au logement ou encore les prestations familiales. Pour certains députés socialistes, on touche la ligne rouge à ne pas dépasser.

Parmi les autre suggestions : le gel du point de la fonction publique, la réduction du rythme de croissance de l'Ondam (l' Objectif de dépenses d'assurance maladie permet de piloter les dépenses de santé). Selon didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes :

Des économies sur les dépenses d'intervention, c'est-à-dire les subventions et les prestations sociales sont également d'autant plus essentielles qu'elles représentent plus de la moitié de la dépense publique et qu'elles ont été peu concernées par les mesures prises jusqu'ici.

Selon la Cour des comptes, il faudrait aussi mimiter la croissance des dépenses de personnel dans la proportion prévue par le gouvernement pourrait priver l'Etat de la quasi totalité des leviers de sa politique de rémunération. D'autre part, les collectivités locales doivent participer à l'effort, d'autant que leurs dépenses ont fortement augmenté, dit-elle.

Tout en appelant au plus grand sérieux, Didier Migaud a insisté sur le fait que :

Le redressement peut être réalisé sans passer par les mesures drastiques d'austérité que d'autres pays ont parfois mises en place, j'entends par là des diminutions de prestations sociales ou de rémunérations.

Les députés socialistes ne sont pas tous convaincus par les suggestions émises par la Cour des comptes. Thierry Mandon le porte parole des députés PS

"Un inventaire à la Prévert de toutes les économies possibles"

Le constat

L'atonie de la croissance économique risque de placer le déficit public aux alentours de 4% fin 2013 au lieu du 3,7% prévu. Didier Migaud :

La France se situe à un moment crucial dans la conduite du redressement de ses finances publiques. Elle a engagé depuis 2011 l'indispensable redressement de ses déficits publics. Le message essentiel de ce rapport est que la moitié du chemin a bien été parcourue. Les efforts ne doivent en aucune manière être relâchés.

Réduire le déficit à 3% du PIB fin 2015 comme le demande désormais la Commission européenne, suppose de maîtriser fortement les rémunérations dans la fonction publique et de prendre d'amples mesures d'économies pour les comptes sociaux :

Compte tenu de l'ampleur de l'effort programmé et de l'atonie de la croissance économique en 2012 et en 2013, la Cour considère qu'il n'y a pas lieu d'envisager des mesures de rééquilibrage en cours d'année. En revanche, il convient de s'attacher à ce que l'effort programmé, le plus important de notre histoire budgétaire récente, soit entièrement réalisé.

Le rapport constate enfin que si les recettes fiscales seront cette année moins élevées que prévu par le gouvernement. La raison : une croissance économique probablement légèrement négative (au lieu du +0,1% prévu par le gouvernement).

La prévision d'évolution de la dépense publique figurant dans le programme de stabilité présenté à Bruxelles apparaît en revanche "plausible".

Les prévisions de déficit de la France
Les prévisions de déficit de la France © Radio France
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