Les métiers de la production agricole seront dotés, à compter du 1er janvier 2021, d'une convention collective nationale, établissant notamment une grille de salaires minimum.

Élevage de chèvres en Bourgogne
Élevage de chèvres en Bourgogne © AFP / .

Il a fallu plus de trois ans de négociation pour parvenir à cette convention collective nationale qui va encadrer tous les salariés de la production agricole : les 235 000 salariés permanents, mais aussi les 900 000 saisonniers. 

Ce nouveau cadre social commun devrait effacer, pour un même métier, des différences d’un territoire à l’autre. Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA en charge de l’emploi, salue ce principe d'harmonisation, car il faut dire que jusque-là, "ces salariés agricoles dépendaient de 141 conventions collectives territoriales et deux conventions collectives sectorielles, pour l'aquaculture et l'accouvage".

Le texte introduit des grilles de salaires minimum et une classification des emplois censée mieux prendre en compte les compétences des salariés "afin de favoriser l'évolution professionnelle", explique-t-il.

Prise en compte du travail de nuit et de la déconnexion

Afin de "garder un dialogue social territorial très riche", il est prévu que les conventions territoriales et sectorielles "continuent à exister en complément de la convention nationale", en particulier si elles sont mieux-disantes, explique Jérôme Volle. Cette convention collective nationale classe ainsi tous les emplois, les compétences, et leurs évolutions.

Tous les syndicats de salariés du secteur CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC ont signé cet accord. Dans un communiqué séparé, la FGA-CFDT estime que "la création de la convention collective nationale est historique et très structurante du dialogue social en agriculture". "Des avancées sociales ont été obtenues concernant la prise en charge des déplacements des salariés, du travail de nuit, ou encore des indemnités de départ en retraite", rapporte le syndicat de salariés.  L'introduction d'articles "concernant le télétravail, le droit à la déconnexion est à souligner pour un secteur d'activité où ces sujets ne font pas évidence mais qui, pour nous, font corps pour accompagner les transitions attendues dans les métiers agricoles", poursuit le syndicat, qui salue également "la création concomitante d'un régime de retraite supplémentaire pour les non-cadres en production agricole".

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