Les banques sont-elles ouvertes en ce moment ? Comment peuvent-elle aider artisans et commerçants pendant la crise ? Quid des reports de crédits ? Et les frais bancaires ? Les épargnes et les assurances vies sont-elles menacées ?

Les banques pendant le confinement posent de nombreuses questions
Les banques pendant le confinement posent de nombreuses questions © Getty / 10'000 Hours

Serge Maître est président de l’AFUB (association française des usagers des banques), il répondait cette semaine à diverses questions posées par des auditeurs dans le Grand Rendez-Vous de Bruno Duvic. Retrouvez ici l'essentiel de ses réponses.

Serge Maître : "Les banques ne sont pas inaccessibles. Chaque réseau s'est organisé comme il l'a entendu : certains ferment une agence sur deux, d'autres ferment le matin mais pas l'après-midi, et vice versa, d'autres essayent d'organiser essentiellement les rendez-vous avec leurs clients par téléphone et ensuite de visu...  

Les emprunts au premier plan des interrogations des Français

Serge Maître : "Le premier sujet qui revient régulièrement, c'est le secteur perso : il y a des personnes qui ont emprunté. Il y a un crédit, il faut le payer mais là, on n'a plus de revenus. Je pense certes aux salariés, qui vont avoir 16% de moins de revenus d'après ce qu'on nous annonce, mais surtout aux artisans et aux commerçants : eux ont fermé la porte, ils ont baissé le rideau. Il n'y a plus d'argent qui rentre et là, c'est assez compliqué. 

On aurait pu penser que l'Etat, à l'instar de ce qui se passe en Espagne et en Italie, viendrait à protéger au moins les plus vulnérables (on est totalement vulnérable quand on a plus de rentrées d'argent) et en France, l'Etat s'est refusé à le faire. Il a protégé l'outil de production, si je puis dire, mais pas les particuliers qui se retrouvent tout seuls. Les banques, la main sur le cœur, ça existe... Seulement la profession bancaire a dit "Attendez, on va étudier tout ça avec compréhension et au cas par cas" - "au cas par cas" : vous voyez tout de suite ce que ça veut dire.

Les reports de crédits sont-ils possibles ?

Serge Maître :

Il y a au moins 70% des banques qui accueillent des demandes de report. Mais il y a un petit piège là-dedans.

Ce n'est pas un piège créé par la banque, mais elle applique le contrat : elle dit "oui, mais vous allez payer avec retard donc je vais vous compter des frais, des agios de retard". 

On leur ferait une supplique : c'est de comprendre qu'il y a un cas de force majeure et aussi de rappeler la règle marquée dans le Code Civil : les conventions s'exécutent de bonne foi. Là : dispenser leurs clients. 

Beaucoup le font. Mais on a aussi apparemment beaucoup qui comptent des frais et parfois mettre des obstacles comptant des indemnités de 1%, ça ne va pas du tout. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles on interviendra à nouveau auprès de Bruno Le Maire parce que c'est de lui dont dépend la protection des usagers. 

Les épargnes et les assurances vies sont-elles menacées de disparaître du jour au lendemain ?

Serge Maître : "Il y a eu un dévissage de la Bourse : on a perdu un tiers, et selon que vous prenez telle ou telle référence, ça peut aller même jusqu'à 40%. Globalement, c'est énorme. Et bien, on avait craint que les usagers sortent leurs mouchoirs et paniquent. Et pas du tout.

Ceux qui sont tout heureux (80% des souscripteurs) d'avoir des fonds en euros, c'est-à-dire des fonds avec des emprunt d'État, des produits garantis, je leur dirais "Soyez vigilant quand même, parce qu'on va voir si la crise se traduit à la fin de 2020 par une grave crise".

Ce qu'on a à la banque est garanti, jusqu'à 100 000 euros par établissement et par client, et y compris les comptes d'épargne.

En fait, l'idée fondamentale, c'est que les États vont s'endetter pour sauver l'économie réelle. Ils vont injecter beaucoup d'argent. Le problème, c'est que ça se paye à un moment donné. 

Soit ça se paye par l'inflation, soit par des emprunt que fait l'Etat pour compenser tout ce qu'il a dépensé. Et c'est là où il y a une contradiction : si les États empruntent, les taux d'intérêt vont s'envoler. Mais ça, ce n'est pas pour aujourd'hui ni demain. C'est pour la fin 2020, donc la catastrophe, on la verra à ce moment là". 

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