Après la présentation du budget 2019 par le gouvernement, Eric Woerth président de la commission des Finances à l'Assemblée Nationale (LR), estime que le gouvernement n'atteint pas les objectifs annoncés en début de quinquennat. Il était l'invité du journal de 13h de Bruno Duvic.

Éric Woerth au micro de Léa Salamé
Éric Woerth au micro de Léa Salamé © Radio France

Le budget prévoit 20 milliards de baisse de charges pour les entreprises, et donc les actifs, cela vous satisfait-il ? 

"C’est ponctuel, c’est parce qu’il y a un double CICE [crédit d'impôt pour les entreprises]. Cela peut donner un coup de booster, on verra ce que les entreprises en font.  Ça ne fait pas du tout 30 milliards de baisse en 2 ans.  Il y a de la confusion dans tout cela. On fait moins pour les entreprises qu’Hollande à une autre période. Cela fait moins car la transformation du CICE n’est pas totale. Les baisses de charges sur les bas salaires, elles, sont remises de plusieurs mois."

Le gouvernement met l'accent sur les ministères régaliens, qu'en dit-on à droite ? 

"La question est de savoir de combien on diminue le nombre de fonctionnaires. Ça concerne la réforme de l’État qui n’a pas encore commencé ; c’est aussi une façon de mieux payer les fonctionnaires, on est en dessous des 4500 postes supprimés, on est à 4160 postes.  Je ne comprends pas pourquoi, sinon pour ne pas se mettre à dos les fonctionnaires. On n’est pas sur la réforme en profondeur du pays. Les réformes n’ont pas lieu, elles ne sont pas dans ce budget. On avait dit 120 000 fonctionnaires en moins au début du quinquennat, l’objectif est oublié, et celui de 50 000 il faudra des années pour y arriver."

Est-ce que les arguments du gouvernement sont recevables ? 

"Il faut augmenter la compétitivité des entreprises pour augmenter le pouvoir d’achat des Français. Il y a une panique budgétaire qui se transforme en panique politique. Et les propos sur les 6 milliards de baisse de prélèvement sur les ménages, je conteste le chiffre, le gouvernement calcule mal. Le gel des retraites et des allocations familiales n’est pas pris en compte. La taxe pour les assurances emprunteurs n’est pas non plus comptabilisée.  On fait dire aux calculs ce que l’on veut."

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