On lie souvent les deux, y compris au sommet de l'État. Pourtant, selon une étude de France Stratégie publiée aujourd'hui, la croissance et l'emploi n'ont aucun lien mécanique.

Quartier d'affaires de la Défense à Paris
Quartier d'affaires de la Défense à Paris © Maxppp / Olivier Boitet

Alors que les chiffres du chômage de Pôle emploi pour juillet sont en demi-teinte (baisse de 0,1 % pour les chômeurs de catégorie A sur trois mois, de 0,5 % sur un mois, mais augmentation du nombre de chômeurs ayant un peu travaillé), le président de la République veut y voir une tendance. Il l'attribue à la politique économique du gouvernement et ses baisses de cotisations sociales.

Là-dessus, il n'a pas tort, car si l'on en croit une étude de France Stratégie publiée ce jeudi, ce n'est pas la croissance qui fait baisser le chômage, contrairement aux idées reçues. L'organisme, indépendant mais rattaché à Matignon, bat en brèche cette idée qu'on retrouve souvent en économie.

Beaucoup estiment qu'il faut 2 % de hausse annuelle de la richesse nationale produite pour que le chômage baisse enfin de façon durable. Mais si la croissance ralentit à cause d'un progrès technique moins dynamique, ça n'a pas de conséquence sur l'emploi selon France Stratégie, pour peu que les salaires et les dépenses publiques s'adaptent....

Selon les chiffres, le rythme de création d'emplois depuis les années 80 est bien indépendant en moyenne du rythme de croissance. En revanche pour les économistes, une petite fraction du taux de chômage actuel (entre 0,6 point et 2,5 points sur les 10 %) reste conjoncturelle. Et pour la réduire, il faudrait un tout petit supplément de croissance.

Par ailleurs, les auteurs ne se font  pas non plus défenseurs de la décroissance. Sans la richesse supplémentaire produite par le pays, impossible disent-ils de financer la réduction des gaz à effet de serre. Une croissance faible ne serait donc pas synonyme d'environnement préservé.