Le mandat du président de la SNCF s'achève officiellement en juin 2020. Le nom de son successeur devrait être dévoilé à la fin de l'été. À moins que Guillaume Pépy ne soit pas encore complètement descendu de la rame.

Et si finalement Guillaume Pépy était le mieux placé pour sa propre succession
Et si finalement Guillaume Pépy était le mieux placé pour sa propre succession © Maxppp / Thibaud MORITZ

Dire que dans les bureaux de la SNCF, les discussions ne tournent qu'autour de cette question serait exagéré. Mais la succession de Guillaume Pépy est un sujet, et pas des moindres, à la machine à café, à l'heure où l'entreprise vit la mue la plus importante de son existence. Alors que la concurrence arrive, celui qui dirige la SNCF depuis 2008, a confirmé en mars dernier qu'il "ne solliciterait pas un troisième mandat". Une véritable révolution tant cet énarque a façonné la SNCF à son image au cours de ces onze dernières années.   

Et pourquoi pas "faire du rab"? 

Omniprésent, omnipotent, Guillaume Pépy a su se rendre indispensable au fil du temps. À tel point qu'en interne, certains lui auraient suggéré de "faire du rab". "Alors que la réforme qu'il a tant désirée se met en place, qu'il faudra gérer son application et ses conséquences, il y aurait dans le fait qu'il reste encore un peu quelque chose de logique" commente un syndicaliste. "Changer de capitaine maintenant n'aurait pas vraiment de sens" abonde un autre, alors qu'un casting a débuté il y a quelques mois.   

À la demande de l'exécutif au printemps, Guillaume Pépy a fourni à l'Élysée une liste de personnes, en interne, susceptibles de lui succéder :  parmi elles, pèle-mêle, la directrice générale de Voyages SNCF, Rachel Picard, le patron de Transilien, Alain Krakovitch, ou encore Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau. Ce dernier est d'ailleurs le seul aujourd'hui à s'être officiellement porté candidat. Problème, son profil "trop techno" pour certains, ne fait pas l'unanimité auprès du personnel cheminot.   

Qui à part lui ? 

Du coup, se sont invités des "noms de l'extérieur". Un temps évoqués, ceux de Florence Parly, ministre des Armées passée par la SNCF, ou encore d'Elisabeth Borne ne semblent plus d'actualité. La première a démenti, la seconde a pris de nouvelles responsabilités au sein du gouvernement et paraît désormais bien occupée. 

"De toute façon, on en aurait pas voulu !" lance un élu syndical. "La fossoyeuse du rail, avec sa réforme qui va faire exploser la SNCF à la tête de l'entreprise, non merci !". Dernier nom en date, celui de Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France que Guillaume Pépy a rencontré à l'ENA. Mais là non plus, le profil n'enchante pas les syndicats.   

À cela s'ajoute un autre paramètre : le salaire. À savoir 450 000 euros par an. C'est ce que touche aujourd'hui Guillaume Pépy, soit le plafond autorisé pour le dirigeant d'une entreprise publique. "Si l'enveloppe n'est pas maigre, on est loin des standards du privé, ce qui peut être de nature à freiner les candidatures", analyse un expert du ferroviaire qui s'interroge par ailleurs : "Qui a vraiment envie de débarquer dans une entreprise qui s'apprête à passer dans le tsunami de la concurrence et dont on ne sait pas ce qu'elle va devenir ?". Sous entendu : qui, à part Guillaume Pépy ?   

Un cabinet de recrutement américain a été missionné pour trouver l'oiseau rare. L'Élysée aura le dernier mot. En attendant, l'encore président de la SNCF se repose en ce mois d'août. "Pas très loin" répond son entourage. Comme pour laisser entendre qu'il garde un œil attentif sur ce siège qu'il a jusqu'ici tant aimé occuper.

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