Les consommateurs sont de plus en plus vigilants sur l'origine et la méthode de culture de leurs fruits et légumes... Et les producteurs en prennent de plus en plus conscience : illustration avec un nouveau label "cultivées sans pesticides" qui devrait bientôt arriver dans vos cuisines.

Tomates cultivées sous serre
Tomates cultivées sous serre © Maxppp / Sébastien Jarry

C'est une tendance lourde du 56e Salon international de l'Agriculture, qui se poursuit porte de Versailles jusqu'à dimanche : afficher ses efforts en matière d'environnement. C’est ainsi que trois grosses coopératives bretonnes productrices de légumes (Prince de Bretagne, Savéol et Solarenn) se sont unies pour lancer lundi au Salon leur nouveau label : "Cultivées sans pesticides", pour des tomates sous serre.

Ces coopératives se sont associées pour établir un cahier des charges commun, et elles pèsent dans leur domaine. À elles trois, elles produisent près de 200 000 tonnes de tomates (sur plus de 600 000 tonnes produites chaque année en France). Le but, c’est que, rapidement, plus d’un tiers de ces fruits soit estampillé "sans pesticide", certifié par un organisme indépendant.

Méthodes plus lentes mais aussi efficaces

Pour se passer de pesticide dans une serre de tomates, il faut de la main-d’œuvre... Et quelques alliés surprenant, explique Christophe Rousse, le  président de Solarenn :

On achète des insectes auxiliaires... Des micro-guêpes, des micro-punaises, qui vont aller manger les œufs de l'insecte que l'on ne désire pas

Pour lui, ce système est particulièrement efficace, à condition de lui laisser le temps d'agir : "Ce n'est pas un traitement radical comme la chimie, ça va mettre une quinzaine de jours à agir, mais on arrive à étouffer tous les foyers de développement de pucerons avec d'autres insectes prédateurs."

Redorer l'image de la production

Si ces coopératives en arrivent à développer ce label, c’est bien sûr pour répondre à une demande des consommateurs. Pour Pierre-Yves Jestin, patron de Savéol, "on est en train de donner du sens à notre production, pour faire comprendre au consommateur qu'il faut avoir confiance dans la production française."

"C'est une production extrêmement vertueuse", assure-t-il, "avec une exigence de produire dans les meilleures conditions possibles." D’autant plus important que dans ce secteur la concurrence est rude, avec des pays qui n’ont ni les mêmes normes environnementales, ni même sociales.

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