laurent fabius à cuba pour une visite historique
laurent fabius à cuba pour une visite historique © reuters

Laurent Fabius appelle à renoncer au relèvement du plafond de la taxe de séjour voté cette semaine en première lecture à l'Assemblée nationale, une mesure qu'il juge "totalement contraire" à la promotion du tourisme.

Un premier amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2014 relève de 1,50 à 8 euros le plafond de la taxe de séjour en France, la limite actuelle étant jugée trop basse par rapport à d'autres pays. Un second crée une taxe de séjour de 2 euros par nuitée en Ile-de-France à partir du 1er décembre pour financer les transports en commun du Grand Paris. le ministre des affaires étrangères dont dépend le tourisme s'est exprimé dans un communiqué :

Les deux augmentations de taxe de séjour votées en première lecture à l'Assemblée nationale sont dangereusement et totalement contraires à la promotion du tourisme qui est une priorité pour l'emploi et l'équilibre extérieur de la France. Adoptées sans concertation avec les professionnels et porteuses de distorsion de concurrence, elles sont contradictoires avec l'engagement solennel pris par le Président de la République et le Premier ministre de stopper l'alourdissement inconsidéré des taxes.

Dans ces conditions, Laurent Fabius juge "impératif de renoncer à ces hausses et de trouver d'autres pistes dans la suite de la discussion parlementaire." Pour Carlos Da silva, l'un des députés PS à l'origine de cette proposition de loi, les craintes ne sont pas justifiées : le relevèment de la taxe va bien au contraire permettre de financer des projets, notamment dans les transports. il est au micro de Géraldine Hallot :

Cette taxe va alimenter le budget des transports en commun.

Les professionnels du tourisme farouchement opposés

fabius juge "dangereuse" la hausse de la taxe de séjour
fabius juge "dangereuse" la hausse de la taxe de séjour © reuters

L'adoption de ces deux amendements a provoqué l'ire des professionnels du tourisme qui mettent en garde contre leur impact négatif sur les marges des entreprises et sur la destination touristique France.

Dans un entretien publié samedi sur le site du JDD, le PDG d'Accor, Sébastien Bazin, dénonce "des décisions iniques, insupportables et dangereuses" et indique son intention de se réunir en début de semaine avec, entre autres, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) et Atout France avant de solliciter un rendez-vous avec Laurent Fabius.

Le tourisme, qui représente 7,3% du PIB (en 2012) et 2 millions d'emplois directs et indirects, a été hissé au rang de priorité nationale en France, première destination touristique au monde avec 83 millions de visiteurs étrangers sur l'année 2012. Avec 41,7 milliards d'euros, la France n'est toutefois qu'en troisième position en terme de recettes, derrière les Etats-Unis et l'Espagne.

A l'issue des Assises du Tourisme le 19 juin dernier, Laurent Fabius a estimé que le prochain objectif de la France était d'atteindre les 100 millions de touristes internationaux.

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