La CGT et FO appelaient à manifester contre l'accord sur l'emploi
La CGT et FO appelaient à manifester contre l'accord sur l'emploi © Radio France / Olivier Bénis

La CGT et FO ont manifesté contre l'accord emploi signé le 11 janvier dernier par la plupart des autres syndicats. Selon la CGT, 200 000 personnes ont défilé, dans 174 cortèges. Le texte est présenté en conseil des ministres ce matin.

Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus mardi dans la rue à l'appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires... Même s'ils n'ont pas mobilisé autant qu'ils l'espéraient, contre la réforme du marché du travail voulue par l'exécutif français. Selon la CGT, 200 000 personnes ont manifesté dans 174 cortèges en France mais les défilés étaient souvent peu fournis.

Reportage dans le cortège parisien avec Mikaël Ponge.

Dans une rare démonstration d'unité contre un texte signé le 11 janvier par les organisations patronales et trois autres syndicats de salariés - CFDT, CFTC et CGC - les frères ennemis de la CGT et de Force ouvrière ont défilé ensemble.

Ils ont reçu le renfort de militants du Front de gauche, dénonçant un recul social à leurs yeux sans précédent.

Présent dans le cortège parisien, Jean-Luc Mélenchon critique les députés

Les syndicats ont eu du mal à mobiliser dans les cortèges
Les syndicats ont eu du mal à mobiliser dans les cortèges © Radio France / Olivier Bénis

A Paris, 9 000 personnes, selon la police, ont défilé de la place du Châtelet aux abords de l'Assemblée nationale avec à leur têtes les dirigeants syndicaux menant la fronde. Les opposants à "l'accord scélérat du 11 janvier", selon les termes d'une banderole, étaient 5 000 à Toulouse, selon les syndicats, et 1 800 d'après la police.

Le ministre du Travail Michel Sapin a assuré que le texte entrerait en vigueur le 1er mai. Un passage en force qui choque l'électorat de gauche et même les militants socialistes.

Léo Moreau a 22 ans. Il milite dans la section de Pontoise dans le Val d'Oise

A Marseille, les organisateurs ont revendiqué 25 000 manifestants, tandis que la police n'en a dénombré que 4 000. "C'est le code du travail que l'on veut démonter. Les patrons ont déjà beaucoup de mal à l'appliquer, inutile d'en rajouter", explique la secrétaire générale de l'Union départementale de la CGT des Bouches-du-Rhône, Mireille Chessa.

A Lyon, entre 2 300 personnes et 7 000, selon les sources, ont rejoint la place Bellecour derrière la banderole "non à la régression sociale".

FO et CGT, "on se bagarre ensemble"

Environ un millier de personnes ont défilé également dans la matinée à Strasbourg contre "la casse du code du travail". Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, a justifié le rapprochement avec FO par la nécessité de réunir toutes les forces hostiles au projet, jugeant que les syndicats signataires sont minoritaires dans le monde du travail. "Nous sommes d'accord sur le diagnostic, la nocivité de ce texte susceptible d'être traduit dans un texte de loi qui va être examiné par le conseil des ministres demain", a-t-il dit sur France Inter. "Dès lors que nous considérons (...) que l'enjeu est beaucoup plus important que toutes les différences qu'on peut avoir, il était nécessaire de réunir nos forces." "Quand on est d'accord, on ne se pose pas de question, on est ensemble, on se bagarre ensemble", a renchéri sur la même radio son homologue de FO, qui juge l'accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier "dangereux et mal écrit". "Le texte est déjà obligé d'être rectifié parce qu'il n'est pas conforme au code du travail et à certaines conventions internationales", a estimé Jean-Claude Mailly. Le gouvernement dit avoir fidèlement retranscrit l'accord du 11 janvier, qui vise à renforcer la sécurisation des parcours professionnels en échange d'une plus grande souplesse de gestion accordée aux entreprises. Il sera en vigueur le 1er mai, a assuré lundi le ministre du Travail Michel Sapin. Le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, dont le mouvement a participé aux manifestations, juge ce texte "dangereux, régressif et anti-social". Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, crie lui aussi au démantèlement des droits sociaux, estimant que la journée de mardi ne sera qu'une "première mobilisation".

Reportage dans la manifestation parisienne

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