EDF a accepté mardi la proposition d'indemnisation de l'État, premier pas vers la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim.

La fermeture de Fessenheim est prévue fin 2018, une fois l'EPR de Flamanville en service
La fermeture de Fessenheim est prévue fin 2018, une fois l'EPR de Flamanville en service © AFP / Sébastien Bozon

Fessenheim va-t-elle fermer avant 2018 ? Sur fond de manifestations des employés, le conseil d'administration d'EDF a accepté mardi, sur le fil, la proposition d'indemnisation de l'État français, son actionnaire à 85,6%, se dirigeant vers la fermeture de la centrale sur le site alsacien.

Les six représentants des salariés ont voté contre, dans la lignée de l'avis négatif rendu par le comité central d'entreprise le 10 janvier, tandis que les six administrateurs indépendants se sont prononcés en faveur du protocole négocié avec l'Etat français. Parmi ces derniers figurent le PDG Jean-Bernard Lévy, dont la voix est prépondérante.

Promesse de campagne de François Hollande en 2012 (fermer la centrale avant la fin de son quinquennat), Fessenheim doit finalement cesser ses activités en 2018, au moment de la mise en service (retardée) du nouvel EPR de Flamanville dans la Manche.

Indemnisation "ridicule"

Mais cette décision suscite la crainte des salariés de la plus vieille centrale nucléaire de France. Piquet de grève, barrage filtrant, extinction symbolique des lumières : depuis lundi, les salariés sont mobilisés pour demander au conseil d'administration d'écarter "toute fermeture de la centrale".

Tous les syndicats s'opposent à la fermeture anticipée de la centrale, où travaillent 850 agents EDF et environ 250 salariés d'entreprises prestataires. Outre les répercussions en termes d'emploi, ils ont mis en cause le montant de l'indemnisation proposée - de l'ordre de 400 millions d'euros -, jugé "ridicule", et les conséquences pour le réseau électrique.

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