fo signe l'accord de compétitivité chez renault
fo signe l'accord de compétitivité chez renault © reuters

L'accord de compétitivité chez Renault pourra être signé à partir du 13 mars, deux des quatre syndicats ayant donné leur feu vert de principe à ce projet qui prévoit une réduction des effectifs et un allongement du temps de travail en France. En échange, le constructeur automobile s'est engagé à augmenter les volumes de production de ses sites français.

Le syndicat Force ouvrière a annoncé mercredi dans un communiqué son intention de signer cet accord. Avant lui, la CFE-CGC, principal syndicat de Renault, avait fait part de son intention de signer le document.

"Le projet sera présenté le 12 mars en CCE", a déclaré par téléphone Laurent Smolnik, représentant de Force ouvrière. "Il pourrait être présenté à la signature dès le lendemain."

Pour Jean-Claude Mailly de FO, les salariés de Renault ont obtenu des garanties

Renault avait engagé à l'automne dernier ces négociations pour rapprocher la compétitivité de ses usines françaises de celle de ses sites espagnols.

Une porte-parole du groupe a confirmé que l'accord pouvait techniquement être signé par le PDG Carlos Ghosn et les syndicats dès le 13 mars, tout en précisant que la date n'avait pas encore été fixée.

Ghosn : la question de la compétitivité se posera partout

Au salon de l'automobile de Genève, Carlos Ghosn a vanté à plusieurs reprises le travail engagé par le groupe pour améliorer sa compétitivité en Espagne mais aussi en France, présentée comme l'indispensable réponse au marasme qui s'est installé sur le marché automobile européen. "Beaucoup d'autres pays vont se pencher sur leur compétivitité, la question sera de savoir qui bougera plus rapidement et plus habilement sur ce terrain", a-t-il dit mardi au cours d'une conférence de presse, lors des journées presse du salon. Carlos Ghosn prévoit une baisse de 3% à 5% du marché automobile européen en 2013, et s'est dit actuellement plus proche de 5% dans son pronostic au vu du mauvais début d'année. Il ne voit pas de rebond en Europe avant trois à quatre ans.

La CGT ne signera pas

Pour entrer en vigueur après le prochain comité central d'entreprise, l'accord de compétitivité négocié chez Renault doit être signé par au moins deux syndicats, et à la condition de ne pas recueillir 50% de voix contre.

La CGT, deuxième syndicat de Renault, a déjà déclaré à plusieurs reprises qu'elle ne signerait pas cet accord.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de la CFDT sur ses intentions. Si l'approbation du troisième syndicat du groupe n'est pas indispensable, elle faciliterait toutefois l'application du volet de l'accord sur le temps de travail.

En tout cas, à l'usine de Sandouville (Haute-Normandie), on est contre cet accord. Yves-René Tapon.

En échange d'un engagement à ne pas fermer de site sur la durée de l'accord, qui court jusqu'en 2016, et de celui d'allouer à la France des volumes de production supplémentaires, Renault a obtenu un gel des salaires pour cette année, un allongement de la durée du travail et une réduction d'effectifs de 8.200 personnes via des départs à la retraite ou des démissions.

Concernant les volumes supplémentaires, Renault a promis la production de 80.000 véhicules supplémentaires pour le compte de partenaires.

Interrogé à Genève sur ces partenaires, Carlos Ghosn a répondu que Nissan en ferait très probablement partie. Renault est également associé à Daimler, pour qui il produit le Mercedes Citan sur la base du Kangoo dans son usine de Maubeuge (Nord), et avec qui il prépare en commun les prochaines générations de la Twingo et de la Smart.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.