Un élévage porcin en Bretagne
Un élévage porcin en Bretagne © Radio France / Maxppp

Le bras de fer commencé mardi entre les éleveurs porcins et les industriels, se poursuit aujourd’hui.La Cooperl qui avait déjà boycotté mardi le marché au cadran __ à Plérin, a fait savoir qu’elle ne participerait pas aux cotations de demain.

Le numéro un du porc en France, la société Cooperl a annoncé qu'elle serait de nouveau absente jeudi de la séance de cotation du marché du porc breton, qui fixe le prix de référence national. Cooperl estime que le prix actuel du porc, fixé à 1,40 euro le kilo par le gouvernement le 12 juin dernier, est trop élevé. Le groupe Bigard/Socopa, qui avait également boycotté le marché du Plérin mardi, n’a pas encore dit s’il serait présent ou non demain.

Les industriels devraient, eux, se rendre à Plérin demain – Johan Moison, journaliste France Bleu Armorique

Une sortie de crise rapide semble, donc, a priori peu probable. Mardi, Le Ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait pourtant déclaré ne pas "envisager qu'il n'y ait pas de cotation au marché du cadran à Plérin".

Les raisons de la crise

porc infographie
porc infographie © Radio France

Depuis 2010, le marché du porc français subit une crise majeure. Les éleveurs de porc français peinent à écouler l’ensemble de leur production, trop cher par rapport à celles de leurs voisins européens. En Allemagne comme en Espagne, le cours du porc est inférieur de 25 centimes à celui en France. La raison ? Les allemands et les espagnols profitent d’exigences sociales et environnementales moins contraignantes dans leur pays, pour produire plus et donc baisser leurs prix.

Face à cette concurrence "déloyale", les éleveurs français sont contraints de diminuer leurs prix, vendant presque à perte.

Pourquoi le marché allemand se porte bien ? - Cyril Sauvageot, correspondant Radio France en Allemagne.

Par ailleurs, l’embargo russe sur les produits occidentaux pénalise fortement le marché français. Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP) estime que depuis le début de l’embargo en août 2014, le prix du porc à diminué de 20 centimes au kilo, soit une perte pour l’ensemble des éleveurs à près de 18 millions d’euros.

A ces difficultés conjecturelles, s’ajoutent des problématiques structurelles : les acteurs de la filière porcine doivent respecter une série de normes très contraignantes et moderniser leurs outils. Cependant, la faible rentabilité du secteur ne permet pas aux acteurs d’investir.

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