Un institut économique calcule qu'en 2016, la "libération fiscale" intervenait le 29 juillet, jour où les français travaillent désormais pour eux, et non plus pour leurs impôts.

Le salarié français est parmi les plus ponctionné d'Europe, pour de bonnes raisons
Le salarié français est parmi les plus ponctionné d'Europe, pour de bonnes raisons © Maxppp / Julio PELAEZ

C’est l’Institut Molinari qui établit chaque année depuis sept ans la date exacte du  "Jour de libération fiscale" : en 2016, elle tombe le vendredi 29 juillet. Explication : à partir de ce jour, les français travaillent enfin pour leur propre bénéfice, et non plus pour celui de l’État.

Selon l’institut, avec la date la plus tardive en Europe, la France serait une championne des prélèvements, comparée à Chypre où les travailleurs sont "libérés" plus tôt, le 29 mars. Mais ces chiffres sont à replacer dans un contexte plus large.

Le Français, salarié le mieux payé de l’Union Européenne

Les prélèvements obligatoires en France sont parmi les plus élevés d’Europe. C’est pour illustrer leur poids sur le pouvoir d’achat que l’Institut Molinari utilise le "jour de libération fiscale". Selon sa présidente, Cécile Philippe, un salarié français moyen doit donc attendre sept mois avant de gagner de l’argent : "Le salarié moyen est en théorie le mieux payé de l’Union Européenne, avec 56.246 euros, mais il est particulièrement fiscalisé puisqu’il paye 32.358 euros de charges, d’impôt sur le revenu et TVA".

Grosse ponction… pour une bonne raison

Ceci pour démontrer que l’Etat ponctionne beaucoup, mais pour une bonne raison. Pour Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, cet argent bénéficie à tout le monde via la dépense publique : "En France on prélève beaucoup plus pour rendre beaucoup plus. Les plus pauvres étant protégés par le minimum vieillesse, le RSA, les retraités ont le même niveau de vie que les actifs, et naturellement il faut les payer par des impôts plus élevés qu’ailleurs." (Henri Sterdyniak)

Le rapport admet d’ailleurs que la redistribution en faveur des services publics (poste, hôpitaux, cantine, crèches municipales…) est importante. La journée de libération fiscale pose ici la question de la qualité rendue de ces services publics, en retour de ce qu’ils coûtent au contribuable : une question d’appréciation.

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