France Inter vous l'avait annoncé, à quelques heures de la fin de l'échéance, Jean-Marc Ayrault a annoncé un accord avec ArcelorMittal au terme duquel le géant de l'acier s'engage à investir 180 millions d'euros sur le site de Florange, à renforcer la filière froide et à préserver ses hauts fourneaux même s'il n'y aura pas de redémarrage de ceux-ci à court terme, faute de débouchés.

La piste de la nationalisation du site - un temps évoquée par le gouvernement en général et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebour en particulier, - est écartée.

Ecartée aussi la menace d'un plan social. 629 salariés de la filière chaude étaient directement concernés et voient donc leur perspectives professionnelles s'éclaircir quelques peu. Du moins, sur le papier. Car en pratique, c'est la déception qui l'a emporté hier. Celle de devoir continuer à travailler avec un Lakshmi Mittal qui les a plus que déçu.

Au moment de l'annonce, c'était donc l'abattement sur le site de Florange.

Ecoutez ce reportage de Marion L'hour.

Selon Jean-Marc Ayrault, le groupe investira 180 millions d'euros sur cinq ans dans l'activité transformation de l'acier de Florange et a accepté de ne pas fermer les deux hauts fourneaux comme il en avait l'intention.

ArcelorMittal s'est engagé en outre à les maintenir dans un état qui permette le moment venu de les adapter au projet Ulcos de sidérurgie à très basses émissions de CO2 en cours de développement

Déception et colère à Florange __

En Moselle, 629 salariés, 3000 sous-traitants attendaient l'issue des ces négociations. Malgré la promesse de casse sociale évitée, les premières réaction sont très négatives. Les salariés, qui ne font absolument plus confiance à Lakshmi Mittal, avaient placé tous leurs espoirs dans une nationalisation permettant un à un autre groupe de racheter le site.

En Lorraine, c'est même l'ensemble de la Vallée de la Fensch qui accuse le coup

"Nous sommes une nouvelle fois trahis. Il n'y a plus de pilote dans le gouvernement" a déclaré le délégué CFDT Édouard Martin. Le représentant de l’intersyndicale qui a fait part de son amertume et sa colère, a rappelle que Nicolas Sarkozy avait fait une annonce de même type : un fort investissement de Mittal sur le site de Florange. Une somme que les salariés n’ont jamais vue arriver.

"Nous exigeons que les travaux des hauts fourneaux démarrent immédiatement, dit Edouard Martin qui exige un échéancier, une réunion tripartite avec le Gouvernement et Mittal et un cellule pour superviser les investissements de Mittal.

Dans le local syndical, les ArcelorMittal de Florange attendent l'annonce de Jean-Marc Ayrault
Dans le local syndical, les ArcelorMittal de Florange attendent l'annonce de Jean-Marc Ayrault © Radio France / Rachel Noël

Philippe Tarillon, le maire PS de Florange, comprends la déception des « gens qui ont mené et mènent encore une lutte digne et courageuse". Lui-même est sceptique. Pour l’élu l’accord est "acceptable dans son principe" mais se demande où sont "les assurances que la parole de Mittal sera tenue". "Comme les salariés j'ai du mal à croire en sa parole", dit-il. Il faudra être vigilant et maintenir la pression sur le gouvernement", qui devra veiller à ce que les promesses soient tenues ".

L'Élysée aussi parle de "pression". L'entourage du président de la République assure qu’on va "maintenir la pression" sur ArcelorMittal "parce qu'en gros les syndicats disent est-ce qu'on peut encore avoir confiance. "Les moyens de pression ne disparaissent pas avec l'annonce d'aujourd'hui".

Cet accord intervient après presque dix jours de joutes verbales entre ArcelorMittal et le gouvernement

Mardi, François Hollande avait déclaré lui-même avant de rencontrer Lakshmi Mittal, que la nationalisation temporaire faisait "partie du sujet de la discussion". Une menace brandie pour tenter de faire plier Mittal afin qu'il accepte d'élargir le périmètre de la cession.

Car le gouvernement n’avait pas reussi à trouver un repreneur pour la seule partie du site de Mittal voulait vendre, alors qu’Arnaud Montebourg disait avoir trouvé deux repreneurs potentiels mais pour l’intégralité du site. Vendredi soir Matignon a fait savoir qu'en fait, aucun repreneur crédiblen'avait pris d'engagement ferme pour le site de Florenge.

Les explications de Véronique Julia

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