Le retour de François Hollande sur le site sidérurgique de Florange a ravivé jeudi de douloureux souvenirs à Gémenos, près de Marseille, où les salariés de Fralib réclament toujours le soutien de l'Etat après trois ans de lutte.

La situation des Fralib, le reportage de Gabriel Massenot

François Hollande a annoncé jeudi la création à Florange d'un centre public de recherche pour la sidérurgie française qui permettra "d'assurer l'acier de demain" sur le site victime de la fermeture de ses hauts-fourneaux. Réaction du délégué CGT de l'ancienne usine de fabrication de sachets de thé Lipton et des infusions Elephant, Olivier Leberquier :

On est content pour les copains de Florange, mais nous aussi on a plein de choses à dire, sauf que personne ne nous écoute. Ici, on est au point mort, c'est le grand silence.

Le site de Fralib, qui employait 182 personnes, est au centre d'un bras de fer entre Unilever et une partie des salariés qui veulent reprendre la production dans le cadre d'une société coopérative ouvrière.

"La seule image qu'on a retenue, c'est celle de François Hollande grimpant sur un camion à Florange. On a oublié que ce matin de février 2012, il était avec l'ensemble des candidats de gauche présent à la bourse du travail de Paris pour nous expliquer qu'il serait toujours à nos côtés dans notre combat pour Fralib", ajoute le syndicaliste. "C'est le dernier contact qu'on a eu avec lui".

Hollande n'est pas Chavez

Les salariés de Fralib
Les salariés de Fralib © WOSTOK PRESS/MAXPPP / WOSTOK PRESS/MAXPPP

Des promesses tenues lors de ce meeting, comme de celles formulées lors d'une précédente visite de l'usine en 2011 lorsque François Hollande était candidat à la primaire socialiste, le syndicaliste estime qu'il "n'en reste rien ou pas grand-chose".

Plus ou moins distants, les contacts ont été maintenus entre les conseillers de l'Elysée et les salariés qui célèbrent samedi leur troisième année de lutte. Mais malgré trois plans de sauvegarde de l'emploi rejetés par la justice, le président et son gouvernement restent "globalement aux abonnés absents".

Au lendemain de l'élection présidentielle, Arnaud Montebourg avait pourtant décrété un "état de mobilisation générale autour de la défense de ce site industriel". Lors d'une visite très médiatisée à l'usine, le ministre du Redressement productif avait annoncé le retour d'Unilever à la table des négociations pour trouver des alternatives à la fermeture de l'usine de production. Olivier Leberquier:

La vérité est qu'Arnaud Montebourg a depuis capitulé. Lui qui tenait des propos bien plus forts que ceux de François Hollande nous explique aujourd'hui qu'il faut se montrer plus gentil avec la multinationale et ses 2 800 emplois en France.

Pour autant, le délégué syndical dit ne pas faire partie des déçus de François Hollande pour lequel il avait appelé à voter. "On savait qu'on n'élirait pas Hugo Chavez en mai 2012", dit-il. "On avait le choix entre la peste et un cancer que l'on guérit. On a opté pour ce dernier, cela nous a permis de rester vivant".

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