François Hollande a promis un texte avant la fin de l’année
François Hollande a promis un texte avant la fin de l’année © MaxPPP

Le président de la République présentait ce matin ses voeux aux acteurs des entreprises et de l'emploi au Conseil économique, social et environnemental. Il a apporté des précisions sur la mise en place de son plan qui doit notamment permettre à 500 000 chômeurs d'accéder à des formations longues.

"L'emploi est la seule question qui vaille au-delà de la sécurité des Français". Ce matin, François Hollande a de nouveau appelé à "amplifier le mouvement des réformes", soulignant que "l'innovation est la clef de tout" et que l'effort de recherche était "essentiel". Il a aussi rappelé que " la France doit accroître la formation, l'éducation, le niveau de qualification des salariés".

Un milliard d'euro pour la formation de 500 000 chômeurs

François Hollande a assuré que son plan de formation pour ces 500 000 demandeurs d'emplois n'était pas un "artifice statistique" destiné à faire baisser le taux de chômage. Quant au financement de cette mesure, l'Etat dégagera un milliard d'euros "pour mobiliser tous les acteurs. Pôle Emploi déploiera de nouvelles formations, l'Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes) et d'autres organismes seront mobilisés pour cette mission et les partenaires sociaux apporteront leur propre contribution et définiront les formations liées branche par branche, région par région aux besoins des entreprises", a-t-il déclaré.

Le chef de l'Etat a aussi promis des mesures pour développer davantage les contrats en alternance. Leur nombre devrait passer à 50 000 bénéficiaires, contre 8 000 actuellement. De nouvelles formations en alternance devront être créées par l'Education nationale. "Nous ferons l’effort de créer 1 000 postes affectés à cette tâche dès 2017" a t-il assuré.

Une prime de 2 000 euros pour toute embauche

Pour favoriser l'embauche dans les entreprises de moins de 250 salariés, François Hollande promet une prime immédiate de 2 000 euros par an pour toute embauche ,en CDI ou en CDD de plus de six mois, de salariés payés jusqu'à 1,3 fois le Smic. "Effectif dès aujourd'hui", "ce dispositif est établi pour une durée de deux ans", "le temps du basculement du CICE en baisse définitive de charges", a-t-il ajouté. La somme de 2 000 euros "représente le reliquat des cotisations patronales une fois pris en compte l'ensemble des allègements de charges" notamment du Pacte de responsabilité, a-t-il précisé.

L'ensemble de ces mesures est chiffré par le président de la République à deux milliards d'euros. Ils seront financés sans prélèvement supplémentaire d'aucune sorte mais par des économies.

L'analyse de Xavier Ragot, économiste, chercheur au CNRS-PSE :

Les annonces du président de la République ont suscité de nombreuses réactions, chez Les Républicains, on dénonce un "mensonge", pour Roger Karoutchi, sénateur, LR des Hauts-de-Seine, le plan est "un mensonge éhonté, un maquillage statistique". Du côté du Front National, un communiqué a évoqué les "visées électorales" de François Hollande pour 2017: "L'énième plan pour l'emploi présenté ce matin par François Hollande n'est rien d'autre qu'un plan de candidature pour la Présidentielle de 2017 (…) François Hollande fait de l'affichage à visée électorale, mais aucune mesure de fond n'est proposée pour relancer une industrie innovante et l'emploi."

De façon générale, le dispositif a été plutôt apprécié au Parti Socialiste, sauf par les députés frondeurs qui ont mis en doute son utilité. Laurent Beaumel, député PS d'Indre-et-Loire, dénonce le " libéralisme sans résultats de François Hollande". Enfin à la gauche de la gauche, là encore, le doute et la critique se sont exprimés. Pour Pierre Laurent (PCF) "il y a une incohérence majeure dans le discours du président de la République, c'est qu'il y a en vérité zéro garantie offerte aux salariés en matière de création d'emplois".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.