françois lamy rejette l'idée d'un tournant social-libéral
françois lamy rejette l'idée d'un tournant social-libéral © reuters
PARIS (Reuters) - Le ministre socialiste de la Ville, François Lamy, a écarté dimanche l'idée d'un "tournant social-libéral" de François Hollande à l'orée de l'année 2014, que le chef de l'Etat a placée sous le signe de la réduction des charges des entreprises et des dépenses publiques pour relancer l'emploi et l'économie. Lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre, François Hollande a proposé, au risque de froisser l'aile gauche de sa majorité, de conclure un "pacte de responsabilité" avec les chefs d'entreprises : réduction des charges et simplification administrative contre embauches et relance des investissements. Il s'est aussi engagé à ce que l'Etat, les collectivités locales et la Sécurité sociale fassent des économies pour réduire les déficits publics et, à terme, diminuer les impôts. Lors de ses voeux au gouvernement, François Hollande a déclaré vendredi assumer personnellement cette politique et promis la fermeté face aux "conservatismes". "Ce n'est pas un tournant social-libéral (...) Ça m'embêterait, mais ce n'est pas le cas", a commenté François Lamy dans le cadre de l'émission Le Forum de Radio J. "Le président de la République est à la fois socialiste et (...) pragmatique, c'est-à-dire qu'il adapte sa politique à la situation actuelle." "Il y a des situations où on peut résoudre une crise économique par la relance de la demande (...) Il se trouve que lorsque nous sommes arrivés au pouvoir nous avons trouvé un appareil productif qui n'était absolument plus compétitif", a ajouté le ministre de la Ville. Pour lui, reconstruire cet appareil productif passe par un soutien aux entreprises. "La différence avec une politique sociale-libérale c'est qu'on n'est pas là pour donner des cadeaux, c'est du donnant donnant", a-t-il ajouté. "Pour moi, ce n'est pas un tournant c'est une accélération, à la fois d'un message et d'une politique qui est mise en oeuvre depuis 16 mois." L'ancienne ministre socialiste de l'Ecologie, Delphine Batho, ne partage pas cet avis. Elle s'étonne dans le Journal du Dimanche que les déclarations du chef de l'Etat n'aient pas suscité plus de critiques à gauche. "Il s'agit d'une sorte de tournant idéologique", dit-elle. "Ces choix sont différents de ceux défendus pendant la campagne électorale (de 2012) (...) Il n'y a plus de projet de société, plus d'objectif de transformation." Emmanuel Jarry, édité par Danielle Rouquié
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