Thales, le géant français de l'électronique de défense, s'offre Gemalto, spécialisé dans les cartes SIM. Le nouveau groupe sera ainsi l'un des leaders mondiaux en matière de sécurité informatique. Un mariage de plusieurs milliards d'euros, dans un secteur en plein essor.

Thales s'est offert ce dimanche Gemalto pour 4.8 milliards d'euros
Thales s'est offert ce dimanche Gemalto pour 4.8 milliards d'euros © Maxppp / Vincent Isore

C'est un mariage de 4.8 milliards d'euros qui a donné naissance, ce dimanche, à l'un des leaders mondiaux de la cybersécurité. Thales s'est offert Gemalto. Le groupe spécialisé dans l'électronique et la défense a racheté le numéro un mondial, en difficulté, des cartes SIM. 

Avec cette acquisition, Thales "se classera parmi les trois principaux acteurs mondiaux avec 3.5 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur le marché en forte croissance de la sécurité numérique" affirme les deux entreprises dans un communiqué. 

Thales a doublé l'autre groupe tricolore en lice dans ce rachat, Atos, qui proposait une offre moindre à hauteur de 4.3 milliards d'euros. À eux deux, Thales et Gemalto emploient 79.000 salariés dans le monde.

Gemalto maintient son plan de suppression de postes

Gemalto avait annoncé, fin novembre, la suppression de 288 emplois en France dans son activité SIM, en raison d'une forte baisse des résultats. 

Le groupe maintient ce plan de suppression malgré l'offre de rachat par Thales, toutefois, le directeur général de Gemalto, Philippe Vallée, affirme que le rapprochement avec Thales permettrait d'ouvrir aux salariés concernés des offres d'emploi. 

"Un projet de conquête"

Thalès-Gemalto se situe sur une niche porteuse: celle de la sécurité digitale, la cybersécurité. Cela sous-entend, la sécurisation des données sensibles des banques, des cartes, des avions, mais aussi les passages en douane dans les aéroports avec de la reconnaissance faciale, tout cela avec de l’intelligence artificielle. 

Pour le PDG de Thales, Patrice Caine, ce rachat et la nouvelle activité qui en découle sont "un vrai projet de conquête, un accélérateur de croissance pour deux jumeaux dans le numérique". Selon lui, Thales et Gemalto sont les "deux plus grands groupes de tech mondiaux d'origine française". 

Ainsi, la France montre qu'elle ne lâche pas son expertise dans le domaine de la sécurité numérique. Ce que salue d'ailleurs Christophe Castaner, délégué général de La République En marche, interrogé sur France 3 : "ce n'est pas l'Etat qui vient au secours de Gemalto (...). c'est surtout l'Etat qui veut une politique industrielle pour faire en France un leader mondial de la cybersécurité". 

Autre preuve que cette acquisition est bien reçue, la bourse de Paris a démarré la semaine en nette hausse, Thales et Gemalto sont salués par les investisseurs. 

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