Les dirigeants d'Autostrade per l'Italia ont annoncé samedi que 500 millions d'euros étaient déjà prêts pour aider la ville et les victimes et qu'un pont pouvait être reconstruit en huit mois. Des dirigeants qui font part de leur compassion mais veulent attendre que la justice définisse les responsabilités.

Les dirigeants d'Autostrade per l'Italia se disent responsables mais pas coupables
Les dirigeants d'Autostrade per l'Italia se disent responsables mais pas coupables © Capture d'écran RAI

Le président Autostrade per l’Italia et l'administrateur délégué de l'entreprise gestionnaire du pont qui s'est effondré mardi dernier à Gênes faisant 40 morts, se sont exprimés publiquement ce dimanche, pour la première fois depuis la catastrophe. 

C'est une situation invraisemblable et terrible que nous devons affronter pour tenter d'alléger la souffrance des familles et de la ville.

Giovanni Costellucci et Fabio Cerchiai, dirigeants de la société qui gère près de la moitié des 6 000 km d'autoroute du pays, ont fait part aux familles des victimes et aux habitants de Gênes, de leur solidarité et de leur profonde tristesse et ont annoncé qu'ils allaient mettre en place différends fonds d'urgence de 500 millions d'euros. Cette somme comprend à la fois un fonds se comptant "en millions d'euros" pour les proches de la quarantaine de victimes, mais aussi un fonds avec "des dizaines de millions d'euros" géré par la commune pour reloger les habitants dont les immeubles, situés sous le pont, sont condamnés à la destruction. 

Pour autant les deux responsables n'ont pas voulu présenter d'excuses car, ont-ils expliqué "la responsabilité de l'effondrement doit être définie par la justice." 

"On doit comprendre comment le pont a été construit dans les années 60 - et pas par nous - et de nombreux autres détails avant de définir les responsabilités a expliqué Giovanni Costellucci. Nous éprouvons une très forte compassion, proximité et grande tristesse envers les victimes, leurs familles et la ville, mais nous ne pensons pas qu'il soit possible d'assumer la responsabilité de cette catastrophe avant l'enquête de la justice qui doit le définir et que nous aiderons autant que nous le pourront."

Les deux responsables ont d’ailleurs, à plusieurs reprises, refusé de répondre aux question sur les propos tenus par des membres du  gouvernement et notamment par Matteo Salvini. Le vice-premier ministre d’extrême droite avait déclaré, dès les premières heures après l'accident, "Les responsables ont un nom et un prénom, et ce sont Autostrade per l'Italia." Le gouvernement a par ailleurs entamé vendredi une procédure pour révoquer la concession du tronçon du pont. 

Reconstruire au plus vite

Pour désengorger la ville au plus vite, Autostrade a annoncé l'aménagement "en des temps record" des routes alternative pour les poids-lourds et la gratuité des autoroutes de la zone de Gênes à partir de lundi. 

Surtout, Autostrade per l'Italia et sa maison mère Atlantia, sont prêtes - dès qu'elles auront les autorisations nécessaires, mais virtuellement dès lundi - à démolir le pont actuel et à en construire un autre, en acier en seulement huit mois, grâce, ont expliqué les deux dirigeants, à l'aide des "meilleurs entreprises" avec lesquelles des plans ont été mis au point en seulement quelques jours. 

Comprendre les raisons de la catastrophe 

"C'était un pont très particulier, mais il était considéré comme sûr par tous ceux qui l'ont examiné. Quelque chose s'est passé et c'est à la justice de dire quoi", a expliqué Giovanni Castellucci. Il n'a pas émis d'hypothèse sur les causes de l'effondrement, expliquant que la société n'avait pas encore eu accès au site et que la pluie qui tombait dru au moment du drame masquait les images de la caméra de surveillance qui ont été depuis fournis à la justice. Par mesure de sécurité, Autostrade per l'Italia a demandé "des analyses critiques de tous nos ponts et viaducs"

"Nous savons que nous devons et pouvons donner et faire tant pour Gênes, et nous sommes déterminés à le faire avec humilité, constance et sens des responsabilités. Nous sommes là", a insisté Giovanni Castellucci, après avoir entamé la conférence en présentant les condoléances de toute la société aux familles des victimes et à la ville. 

Les deux dirigeants, que les chefs de file du gouvernement avaient appelés à démissionner au plus vite, ont précisé qu'ils entendaient rester en poste dans l'immédiat. Répondant à une question Fabio Cerchiai a précisé que la Famille Benetton, actionnaire à 30% d'Atlantia et mise en cause par le gouvernement, "se sent comme nous tous, terriblement attristée, mais c'est à l'entreprise de gérer et pas aux actionnaires. Non ils ne nous ont rien imposé comme je l'ai lu dans les journaux"

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