Il avait été secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982 mais également membre du comité central et du bureau politique du PCF

En ce mai 68, Georges Seguy négociait avec le Premier ministre Georges Pompidou et son conseiller jacques Chirac
En ce mai 68, Georges Seguy négociait avec le Premier ministre Georges Pompidou et son conseiller jacques Chirac © AFP / STF

Ses quinze années à la tête du syndicat ont notamment été marquées par le mouvement de mai 68 et les négociations des accords de Grenelle où il "affronte" Georges Pompidou, mais aussi par son esprit d'ouverture. Parallèlement à sa carrière syndicale, Georges Séguy a également mené une carrière politique, entrant au comité central du Parti communiste français en 1954 et au bureau politique en 1956.

Fils d'un cheminot, Georges Seguy est né à Toulouse le 16 mars 1927. Il débute sa vie professionnelle en 1942 comme ouvrier imprimeur et devient membre du parti communiste français. En 1944, responsable des Francs-tireurs et Partisans français, il est arrête et déporté au camp de Mauthausen pendant plus d'un an. Il a alors 17 ans.

Après la guerre, en 1946 il devient ouvrier électricien à la SNCF et membre du syndicat des cheminots de Toulouse. En 1961 il est secrétaire général de la fédération des cheminots, l'une des plus importantes, ce qui le mènera à la tête de la CGT en 1967.

Parallèlement, il est élu au comité central du PCF en 1954 et, seulement deux ans plus tard, entre au bureau politique. Il n'a que 29 ans. Malgré cette double appartenance, Georges Séguy "a construit l'autonomie de la CGT par rapport au PCF" explique Pierre Laurent, l'actuel secrétaire national du Parti communiste.

En 1982, il quitte à la fois le Bureau politique du PCF et la direction de la CGT, en invoquant des raisons de "convenances personnelles" pour couper court aux rumeurs de désaccord d'ordre politique qui ont fait suite à sa tentative d'ouverture en direction des socialistes, lors du congrès de Grenoble de 1978.

Après avoir bataille, à la tête de la CGT,  sous les présidences de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d'Estaing, il tire sa révérence sous celle de François Mitterrand.

Les hommages à "un homme passionnément attaché à la justice sociale"

Pour François Hollande, Georges Séguy, était "un homme sincère et passionnément attaché à la justice sociale. Durant toute sa vie, il incarna un syndicalisme offensif. Prêt à engager des luttes mais aussi à négocier de bons compromis. Il participa ainsi à de nombreuses avancées sociales dans notre pays".

Philippe Martinez, numéro un de la CGT,  a dit sur RTL la "profonde tristesse" de son syndicat à l'annonce de la disparition d'"un dirigeant qui a compté, qui comptait et comptera encore longtemps".

Il avait cette volonté d'une CGT offensive, combative, mais à l'écoute aussi des travailleurs et qui sait mener des grèves

Aux hommages et de la CGT et du PCF, s'ajoute celui, plus personnel, de Pierre Laurent

J'étais son ami, j'ai eu la chance de le côtoyer très jeune. Un amoureux de la vie qui nous a transmis des valeurs de chaleur humaine extrêmement précieuses.