Après l'acte IV de la mobilisation des "gilets jaunes", à Paris, certains commerçants constatent vitrines brisées et dégâts divers sur leurs magasins. Ils sont contraints de nettoyer, réparer. Dans le magasin d'Alexandra Groussard, il ne reste plus que des éclats de verre.

La boutique de porcelaine d'art Laure Selignac cassée lors de la manifestation des Gilets jaunes le 8 décembre 2018
La boutique de porcelaine d'art Laure Selignac cassée lors de la manifestation des Gilets jaunes le 8 décembre 2018 © Radio France / Paul Barcelonne

Samedi 8 décembre, les casseurs ont ravagé plusieurs magasins sur leur passage, notamment Avenue de Friedland à Paris. 

Alexandra Groussard tient un magasin de porcelaine d'art Laure Selignac. Elle a presque tout perdu. En marge de la manifestations des "gilets jaunes", des casseurs s'en sont pris à cette boutique. Les images vues de l'extérieur ont été filmées par le journaliste Boris Kharlamoff. 

Les sourcils froncés, le regard noir plein de colère, Alexandra se repasse en boucle les images de vidéo-surveillance et se confie au reporter de France Inter, Paul Barcelonne. 

C'est effrayant ce sentiment d'impunité, ils regardent la caméra les bras chargés de porcelaine d'art, comme s'ils disaient, 'voyez on vous vole , c'est votre travail on le prend'

Sur les étagères, il ne reste plus rien. Des éclats de verre et des morceaux d'assiettes pulvérisées jonchent la moquette bleue roi de son magasin. 

Sous l’œil d'un garde venu protéger ce qu'il reste de cet atelier, elle raconte, d'une voix tremblante, la tradition familiale. La maison Selignac exporte ses porcelaines peintes à la main, avec ses décors d'or en relief, depuis 1919.  

Pour Alexandra, l'image des pilleurs dans son magasin laisse un goût amer : "ils se font plaisir, ils font leur shopping de Noël, ils ont cassé les vitrines, ils ne se posent pas de question". 

Un sentiment nouveau hante ses 5 salariés et Alexandra. Tous sont désormais au chômage technique et Alexandra est bien incapable de dire quand ils pourront reprendre une vie normale.

"J'ai honte devant mes clients étrangers, j'ai honte de ces images de la France, de quelques pilleurs qui font passer la France pour ce qu'elle n'est pas". 

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Maire de Paris, en charge du budget, de la transformation politique et des relations avec les arrondissements, a fait savoir hier que si les violences ont été moins radicales que la semaine précédente, "les dégâts sont probablement plus importants". Il estime que "le coût économique sera plus important." 

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