Mercredi avait lieu le procès en appel de huit anciens salariés de l'usine Goodyear. En première instance, ils avaient été condamnés à neuf mois de prison ferme pour séquestration.

Goodyear, 10 années de lutte
Goodyear, 10 années de lutte © Maxppp / Nicolas Liponne/Wostok Press

Les 10 dates clefs du conflit Goodyear :

• 3 avril 2007 : la direction propose la création d'un complexe industriel unique dans les usines d'Amiens-Nord et Amiens-Sud, ce qui a pour conséquence de supprimer 550 postes sur 2 700 salariés et la réorganisation du travail en 4X8. Les salariés rejettent cette option.

• Entre mars et juin 2008 : le 17 mars, trois syndicats d'Amiens-Sud, où travaillent 1 300 personnes, finissent par accepter le passage au 4x8 alors que les 1 400 salariés d’Amiens-Nord refusent. Le 27 juin, la CFE-CGC et la CFTC d'Amiens-Nord, deux syndicats minoritaires, acceptent les 4x8 alors que la CGT et SUD refusent.

• 18 novembre 2008 : le tribunal de grande instance de Nanterre interdit à Goodyear la mise en place de son plan social, considéré illégal. Cette décision sera annulée le 18 février 2009 par la Cour d'appel.

• 26 mai 2008 : un nouveau plan social est annoncé. Il prévoit 817 licenciements sur le site d'Amiens-Nord. Ce nouveau plan est suspendu en aout par le tribunal de Grande instance (TGI). Le TGI estime que le Comité central d’entreprise n'a pas reçu assez d'information.

• 2 décembre 2011 : le groupe américain Titan, fabricant de roues et pneumatiques, évoque une reprise partielle du site d'Amiens-Nord.

• 31 janvier 2013 : Goodyear annonce la fermeture du site d’Amiens-Nord, "après cinq années de négociations infructueuses".

• 6 et 7 Janvier 2014 : le directeur des ressources humaines et le directeur de la production sont retenus pendant une trentaine d'heures dans les locaux de l'usine par quelques dizaines de salariés en colère.

• 22 janvier : fin de l'occupation de l'usine.

12 janvier 2016 : huit anciens salariés d'Amiens-Nord, dont le leader de la CGT Mickaël Wamen, sont condamnés à 24 mois de prison dont 9 fermes. Goodyear et les deux cadres séquestrés avaient pourtant retiré leur plainte, comme promis dans l'accord de fin de conflit.

• 6 avril : les salariés licenciés assignent en justice Goodyear et Titan. Les deux groupes refusent la reprise du site par une coopérative du personnel.

En 2016, sur les 1 143 salariés laissés sur le carreau après la fermeture du site, seuls 401 ont retrouvé un travail.

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