Les ouvriers de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord se disent prêts à "aller jusqu’au bout". Pas question pour eux de relâcher les deux dirigeants séquestrés depuis lundi matin. La direction, elle, refuse de négocier tant qu’ils ne seront pas libres.

la cgt favorable à une négociation avec titan pour l’usine goodyear d’amiens
la cgt favorable à une négociation avec titan pour l’usine goodyear d’amiens © reuters

Un an après l’annonce de la fermeture du site, les salariés de l’entreprise Goodyear d’Amiens-Nord continuent de se battre. Le délégué CGT, Franck Jurek, le déclare désormais : ils sont prêts à aller "jusqu’au bout".

Le directeur de production de l’usine, Michel Dheilly, et le directeur des ressources humaines, Bernard Glesser, séquestrés depuis lundi matin, 10h15, ont passé la nuit enfermés dans une salle de l’entreprise.

Des négociations au point mort

Ils ne sortiront pas des locaux tant qu’une rencontre avec la direction n’aura pas lieu, disent les syndicats.

Une réunion devait avoir lieu ce mardi matin à la Bourse du Travail d’Amiens, mais la direction nationale de Goodyear a exigé la libération des deux responsables comme préalable à toute discussion.

Les explications d'Elodie Touchais, dans le journal de 13 heures.

Les négociations semblent donc dans l’impasse. Conséquence : la séquestration pourrait durer des jours, voire des semaines.

Tant qu'on n'aura pas gain de cause, "ces deux personnes resteront avec nous", dit Franck Jurek.

Pour la CGT, qui a donc décidé d’employer la manière forte, le but est de forcer la direction à revoir son plan de sauvegarde de l’emploi élaboré l’an dernier. Le syndicat a perdu tous ses combats judiciaires, notamment pour faire annuler le plan social, et veut désormais obtenir de fortes indemnités pour les quelque 1 170 salariés menacés de perdre leur emploi : de 80 000 à 200 000 euros pour les ouvriers les plus anciens.

Critiques du patronnat et soutien du PCF

Concernant la séquestration de Michel Dheilly et Bernard Glesser , Maurice Taylor, le patron du groupe américain Titan, intéressé un temps par le rachat de l’usine, a qualifié les syndicalistes de " preneurs d’otages" et de "fous".

Même ton du côté du Medef. La principale organisation patronale a condamné la séquestration des deux cadres, parlant de "pratiques d'un autre âge, totalement inacceptables".

Ce n'est pas la bonne méthode mais ce n'est pas non plus un drame (Jean-Claude Mailly, FO)

Si le leader du syndicat Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, semble hésiter entre critique et soutien, Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, affiche lui clairement sa position aux côtés des salariés de l’usine, "au nom de leur colère légitime". Pour le numéro un du PCF, "on n’a pas le droit de les jeter dehors sans rien".

En attendant, le bras de fer continue entre syndicalistes et direction, qui refuse de négiocier sous la pression.

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