création d’une commission d’enquête parlementaire sur le site goodyear d'amiens-nord
création d’une commission d’enquête parlementaire sur le site goodyear d'amiens-nord © reuters

Le géant américain aurait fait une nouvelle offre de reprise partielle pour le site français, qui permettrait de sauver 333 employés sur les 1.200 travaillant sur place. Une offre déjà faite puis abandonnée l'an passé, provoquant la colère des salariés. L'industriel, lui, refuse de confirmer publiquement cette offre.

Difficile de suivre Titan International. La dernière fois que le fabricant américain de pneus s'était manifesté en 2012, c'était pour jeter l'éponge avec pertes et fracas. À l'époque, lassé des conditions de négociations avec le gouvernement et les salariés du site, le patron de Titan avait envoyé une lettre au vitriol à Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif avait répliqué, estimant que les salariés avaient "tous été insultés par ce sauvage d'Américain".

Changement de ton aujourd'hui côté français : visiblement réconcilié avec le patron, c'est Arnaud Montebourg lui-même qui annonce une nouvelle offre de reprise partielle. Elle concerne l'activité de pneux agricoles du site Goodyear d'Amiens Nord, soit 333 salariés.

Les salariés, eux, restent prudents... Le reportage d'Elodie Touchais.

La CGT, le syndicat majoritaire se veut pragmatique. Le délégué syndical Mickael Wamen refuse de brader les emplois du site amiénois.

Chez nous, les négociations seront faites autour de 537 postes.

Le chaud et le froid

Selon le ministre, Titan est prêt à investir "une centaine de millions de dollars, dont 40 millions minimum sur le site". Une offre "solide", promet Arnaud Montebourg.

Pour autant, ce dernier ne pardonne pas tout.

Je lui ai dit que sa lettre avait été extrêmement préjudiciable pour la France et que je n'avais pas apprécié qu'il ait dit du mal de travailleurs qui ne cherchent qu'à travailler. Mais c'est une manière de maintenir un outil industriel sur le site d'Amiens Nord et de le redéployer avec des investissements nouveaux.

Sauf que... En face, le patron Maurice Taylor semble encore fâché. Interrogé sur le sujet après l'annonce d'Arnaud Montebourg, le PDG refuse de confirmer son offre, mettant une nouvelle fois le ministre dans l'embarras... avec une certaine délectation.

Je ne suis au courant de rien en relation avec votre pays de vins formidables et de belles femmes.

Le site d'Amiens Nord emploie environ 1 200 personnes. Il est condamné à fermer depuis le mois janvier, et le plan social ira de toute façon à terme. Les salariés se battent depuis plusieurs mois dans la rue et sur le front judiciaire pour le faire annuler.

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