Même les géants tâtonnent parfois : si l'entreprise américaine s'est aujourd'hui fait une place de choix parmi les GAFA, les multinationales incontournables des nouvelles technologies, elle a aussi connu quelques jolis gadins. Petite sélection subjective de ceux qu'on a oubliés... ou que l'on regrette encore.

Google est aujourd'hui l'une des multinationales les plus omniprésentes dans notre quotidien
Google est aujourd'hui l'une des multinationales les plus omniprésentes dans notre quotidien © AFP / Alain Jocard

Google Glass

Le projet n'est pas mort, mais il n'a pas eu l'essor espéré. Entré en phase de test en 2012, le projet Google Glass consistait à fabriquer des lunettes connectées, avec un petit écran transparent qui superpose des données à votre champ de vision, un peu comme l'interface d'un jeu vidéo. Le rêve de tout amateur de science-fiction. Elles permettaient notamment de prendre des photos, de filmer une scène, ou d'accéder à différentes informations, avec des commandes vocales ou en utilisant un pavé tactile dissimulé sur le côté d'une des branches.

Trop en avance sur son temps ? En tout cas, les Google Glass étaient surtout trop chères pour le commun des mortels (environ 1.200 euros pour le prototype vendu en ligne). La production et les ventes sont suspendues depuis 2015. Mais un nouveau prototype destiné à une utilisation professionnelle est en développement depuis un an.

Orkut

Et si Google avait possédé Facebook avant Facebook ? En janvier 2004, un étudiant turc de l'université de Stanford lance Orkut, un site permettant de garder contact avec ses proches, comme ce que proposera le réseau social de Mark Zuckerberg quelques jours plus tard, en février 2004. Le jeune homme est ensuite recruté par Google, et continue à développer le site sur le temps que lui offre l'entreprise pour travailler sur des projets personnels.

Moins connu que Facebook, Orkut revendiquera tout de même près de 50 millions d'utilisateurs, principalement au Brésil. Google finit par fermer le site en septembre 2014.

Archive de la page d'accueil d'Orkut après sa fermeture
Archive de la page d'accueil d'Orkut après sa fermeture / Google

Il aura donc connu une vie plus longue que d'autres tentatives de Google dans le domaine, telles que...

Google Wave, Google Buzz

Deux autres tentatives d'incursion de Google dans le domaine des réseaux sociaux. Le premier, Wave, se présentait comme une application en ligne de messagerie et de travail collaboratif, comprenant notamment un traducteur instantané pour interagir facilement avec des collègues dans différentes langues. Lancé en 2009, il devait dans l'esprit de ses créateurs remplacer le bon vieux mail, devenu obsolète, en permettant des interactions plus complexes entre les différentes personnes. Google finira par l'abandonner en 2012, tout en intégrant cette technologie dans d'autres services. Et ce, malgré la mobilisation de près de 50.000 internautes pour demander le maintien du projet.

Quant à Buzz, il devait se baser sur l'application de courriel Gmail et y intégrer des fonctions dignes d'un réseau social. Le service devait permettre, depuis Gmail, d'envoyer et de recevoir des messages courts contenant des photos, des vidéos ou des liens. Il aura une vie encore plus courte : créé en février 2010, Google Buzz ferme en octobre 2011.

De toutes ces tentatives sociales, il n'y a que Google+ qui aura survécu jusqu'ici, sans jamais atteindre la popularité du géant Facebook.

Knol

Sans doute le plus intrigant des projets perdus de Google, Knol devait être une sorte d'encyclopédie en ligne, à l'image de Wikipedia. Mais avec une différence de taille : plutôt que le contenu, Knol visait à mettre en avant les auteurs. Pas de travail collaboratif sur un thème, une personnalité ou une définition, donc, mais la publication d'articles signés, avec une présentation très complète de l'auteur. En gros : savoir précisément qui est la source de l'information donnée dans un article.

Créé en 2008, Knol n'a jamais vraiment atteint le grand public et a été un échec commercial. Google a donc fermé la plateforme en mai 2012. Une bonne nouvelle pour Wikipédia, d'ailleurs : ses contributeurs craignaient que le géant du web ne finisse par "masquer" les pages Wikipédia lors de recherches sur Google (soit 50 % du trafic), au profit de la plateforme maison.

Google Reader

Sans doute le plus regretté par ceux qui l'utilisaient, Google Reader était un lecteur en ligne de flux RSS et Atom. Ça ne vous dit rien ? Et pourtant, ces technologies sont quasi universelles sur Internet, et permettent de diffuser facilement des flux d'informations ou autres (par exemple, les podcasts sont en fait des flux RSS qui renvoient vers des fichiers sons). Google Reader permettait donc de constituer facilement sa "revue de presse" du web personnalisée : un peu de Monde, un peu de France Inter, un peu de blogs, etc.

Malgré sa popularité, il sera finalement abandonné en 2013, même si plusieurs alternatives indépendantes (comme Feedly) se sont développées pour proposer aux habitués de Google Reader de conserver leurs flux d'information personnalisés.

De son côté, Google a choisi de privilégier son service Google Actualités : ici, la personnalisation n'est plus issue de choix actifs de l'utilisateur, mais se base sur l'analyse de ses recherches et de ses intérêts par des algorithmes.

La barre d'outils Google

À l'inverse, c'est sans doute l'une des inventions les moins regrettées par les internautes : cette barre d'outils lancée en 2000 était un petit logiciel greffé à votre navigateur Internet (Internet Explorer et Firefox, à l'époque), qui permettait d'effectuer facilement une recherche, mais aussi d'interagir dans votre navigation (en bloquant des fenêtres publicitaires, en vérifiant l'orthographe ou en effectuant des traductions automatiques).

Un chercheur d'Harvard a toutefois accusé la barre d'outil de transmettre des informations à l'insu de l'utilisateur (sur les pages visitées, par exemple). Elle disparaîtra finalement en 2013, même si la plupart des fonctions qu'elle proposait sont aujourd'hui directement intégrées aux différents navigateurs. Sur Internet, une bonne idée n'est jamais totalement perdue.

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