Google Shopping trop visible pour les internautes européens ? Et ses concurrents, qui s'en sont plaints, ont eu gain de cause. Le moteur de recherche doit changer… et payer.

Pour la commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, l'amende infligée à Google doit le convaincre de "rentrer dans le rang".
Pour la commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, l'amende infligée à Google doit le convaincre de "rentrer dans le rang". © AFP / Emmanuel Dunand

Vous l’aurez sans doute remarqué : lorsque vous faites une recherche sur Google, les suggestions sont de nature très diverses. Mais il est une catégorie de réponses que les internautes européens ne peuvent manquer : celles de Google Shopping.

En d’autres termes, vous trouverez la recette de l’aligot au même plan que les prix comparés des barquettes d’aligot dans les boutiques en ligne. Jusqu’ici, rien de préjudiciable pour l’utilisateur, qui demeure libre de préparer sa recette ou de l’acheter en boîte.

Pourtant, la Commission européenne vient d’infliger une lourde amende à Google, 2,42 milliards d’euros, après sept années d’enquête. La société américaine est accusée par Bruxelles de privilégier Google Shopping au détriment des autres comparateurs de prix, d'abuser de sa position dominante – Google est utilisé par 9 internautes sur 10 en Europe – pour imposer son service, payant pour ceux qui y souscrivent. Et pour la commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, ça n’est pas acceptable. C’est en effet contraire aux règlements anti-trust.

Google, qui n’a pas tardé à réagir, conteste évidemment la décision et annonce son intention de faire appel.

En attendant, la société américaine est sommée par Bruxelles de garantir "l’égalité de traitement entre les services concurrents de comparaison de prix et son propre service", et elle a trois mois pour le faire, au risque d’avoir à subir, en plus de l’amende, des astreintes journalières.

Pour Google, la ligne de défense est toujours la même : la concurrence est rude mais nul n’est lésé, pour résumer. Les offres commerciales des autres comparateurs de prix sont toujours visibles. Des arguments qui pourraient lui permettre de jouer la montre. Et même si Google se trouvait sommé de payer, pour mémoire, le chiffre d’affaires du géant de l’internet a dépassé les 80 milliards de dollars sur l’exercice écoulé, pour un profit de près de 18 milliards. Autant dire que, même si la Commission devait toucher son dû, Google ne serait pas ruiné.

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