Les membres de l'Eurogroupe réunis mardi à Bruxelles.
Les membres de l'Eurogroupe réunis mardi à Bruxelles. © DPA/MaxPPP

Réunis mardi au sommet à Bruxelles, les pays membres de la zone euro se sont donnés jusqu'à dimanche pour s'accorder sur un plan d'aide susceptible de maintenir au sein de la monnaie unique une Grèce au bord de l'effondrement économique.

Isolée diplomatiquement après la victoire du "non" dimanche lors du referendum organisé sur les propositions des créanciers, la Grèce a obtenu un sursis de moins de 48 heures pour présenter un plan de réformes et déposer une demande officielle d'aide au Mécanisme européen de stabilité (MES).

Au cours d'une conférence de presse à l'issue du sommet, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a prévenu :

La dure réalité est qu'il ne nous reste plus que cinq jours pour parvenir à un accord définitif.

Alors que de nombreux analystes estimaient que la réunion de mardi constituait la dernière chance pour sortir de l'impasse, cette échéance a de fait été repoussée à une rencontre des ministres des Finances de la zone euro samedi.

Cette fois, le compte à rebours de la dernière chance a commencé. Les explications de Julie Bloch-Lainé

La chancelière allemande Angela Merkel a souhaité obtenir dans la semaine suffisamment de propositions de la part d'Athènes pour demander au Bundestag d'approuver l'ouverture de discussions en vue d'un nouveau plan d'aide à long terme.

Tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se réuniront dimanche à condition que le Premier ministre grec Alexis Tsipras soumette d'ici jeudi un plan détaillé. Si ce plan est jugé adéquat et que le gouvernement grec commence à le mettre en oeuvre, un prêt à court terme pourra être accordé à la Grèce.

La Banque centrale européenne assurera la liquidité minimale à la Grèce jusqu'à ce que les membres de la zone euro se prononcent sur un projet d'accord, a précisé de son côté François Hollande tout en estimant qu'un accord était possible.

Il a précisé que les ministres des Finances de la zone euro se réuniraient samedi pour se prononcer sur les réformes proposées par la Grèce, avant un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'ensemble de l'UE dimanche.

Tsipras demande "un compromis honorable"

Selon le Premier ministre grec Alexis Tsipras, la Grèce a formulé des propositions crédibles pour obtenir une promesse de financement appropriée d'ici à la fin de la semaine et pour mettre un terme définitif à la crise :

Les discussions se sont déroulées dans une atmosphère positive. Le processus sera rapide. Il débutera dans les heures qui viennent avec l'objectif de conclure au plus tard à la fin de la semaine. La partie grecque poursuivra ses efforts, forte de l'arme robuste du verdict du peuple grec (...) qui s'est prononcé à une large majorité en faveur d'un accord viable pour mettre fin aux discussions et ouvrir la voie à une sortie de crise.

Au lendemain du sommet de Bruxelles, Alexis Tsipras s'est présenté devant les députés européens réunis à Strasbourg pour exhorter ses partenaires à faire des concessions :

Nous voulons trouver un compromis honorable pour éviter une rupture qui serait une rupture avec la tradition européenne, nous sommes tous conscients des enjeux et nous sommes prêts de notre côté à prendre nos responsabilités historiques.

Il a annoncé qu'il ferait "dans les deux prochains jours" des propositions pour que la Grèce retrouve le chemin de la croissance en rompant avec des programmes d'austérité qui, selon lui, ont mené le pays à la catastrophe économique.

La menace du "Grexit" demeure

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, pourtant un défenseur de l'intégrité de la zone euro, a mis en garde contre un échec des négociations :

Je suis fermement contre un "Grexit", mais je ne pourrai pas l'empêcher si le gouvernement grec ne fait pas ce qu'il doit faire.

Selon lui, un scénario détaillé prévoyant une sortie grecque de la zone euro a d'ores et déjà été préparé.

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