À l'approche d'une grève d'ampleur dans les transports en commun, réparateurs, loueurs et vendeurs de vélos parisiens reçoivent de plus en plus de commandes. Des particuliers mais aussi des entreprises qui anticipent la journée du 5 décembre. La tendance devrait s'accélérer dans les deux semaines à venir.

A "Paris à vélo c'est sympa", Victor et Mohamed reçoivent de plus en plus de coups de téléphone pour des locations le 5 décembre.
A "Paris à vélo c'est sympa", Victor et Mohamed reçoivent de plus en plus de coups de téléphone pour des locations le 5 décembre. © Radio France / Fanny Ohier

Difficile de savoir combien de lignes de métro, de bus ou de tramway fonctionneront en région parisienne le 5 décembre, premier jour de grève illimitée à la RATP, la Régie autonome des transports parisiens. Certains parisiens prévoient donc de ressortir leurs vieux vélos du sous-sol ou d'en louer. Pour le plus grand bonheur des professionnels du cycle. 

Pour Victor Dugain, loueur de vélos à "Paris à vélo, c'est sympa", le mois de décembre s'annonce donc chargé. La semaine dernière, il a reçu près d'un coup de fil par jour directement lié à la grève. Des particuliers ou même des sociétés qui s'informent sur les tarifs de location pour une durée indéterminée, comme le mouvement. Un chef d'entreprise l'a même appelé pour une commande-record : équiper ses trente commerciaux de vélos pour qu'ils puissent à la fois venir au bureau et assurer les réunions avec leurs clients. "Rien que d'en parler, il avait l'air un peu affolé, stressé", raconte Victor Dugain. "Il voulait beaucoup de détails... Il aurait bien aimé savoir combien de temps la grève allait réellement durer." Les gérants de la boutique, qui ont l'habitude de louer à des touristes en balade, ont même proposé au chef d'entreprise une remise sur le prix global . 

Un mois record

Par rapport à un mois de décembre normal, habituellement très calme pour la boutique, Victor Dugain s'attend à des commandes multipliées par dix. 

Une perspective partagée par Patrice Delcayre, vendeur et réparateur de vélos dans le XXe arrondissement à Paris. La semaine dernière, une cliente prévoyante est venue faire réparer son vieux vélo, tout droit sorti de sa cave. "Je lui ai dit que je ne pouvais pas réparer sa bicyclette et je lui ai conseillé soit d'en louer une soit d'en acheter d'occasion," s'amuse le vendeur. "Son vélo était en fin de vie. Ce sont souvent des vélos de mauvaise qualité qu'on ressort pour des événements comme ça. J'appelle ça des VTP, des Vélos tout pourris," ajoute-t-il en riant. 

Patrice Delcayre prévoit un pic de fréquentation à l'approche de la grève. Des réparations de dernière minute, voire un afflux de clients si le mouvement dure plusieurs jours. 

Deux roues toujours...

Les vélos et les trottinettes en libre-service à Paris devraient eux aussi être pris d'assaut. Pendant la grève RATP du 13 septembre dernier, leur fréquentation avait augmenté de 378% au moment des départs au travail entre 7 heures et 8 heures du matin, selon une étude de Fluctuo, une start-up française qui collecte les données des opérateurs de "mobilité partagée".  

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