Une partie des transports en commun franciliens seront à l'arrêt ce jeudi 5 décembre en raison des appels à la grève contre la réforme des retraites. Le régime des agents de la RATP fait partie des 42 régimes spéciaux que l'exécutif souhaite faire disparaître.

Ce régime spécial permet à un conducteur de bus ou de métro à Paris de voir ses droits ouverts à près de 51 ans.
Ce régime spécial permet à un conducteur de bus ou de métro à Paris de voir ses droits ouverts à près de 51 ans. © AFP / Lionel Bonaventure

La RATP annonce un trafic "extrêmement perturbé" ce jeudi 5 décembre. La circulation sera totalement interrompue sur 11 lignes de métro. Plus globalement, c'est l'ensemble du réseau de transports en commun qui se trouvera dans une situation proche de la paralysie. Les trois syndicats représentatifs de la RATP - Unsa, CGT et CFE-CGC - ont déposé des préavis de grève illimités. Si la mobilisation des agents de la régie francilienne s'annonce forte, c'est que le régime de la RATP fait partie des 42 régimes spéciaux que le gouvernement veut fondre dans un système de retraite universel. 

Aujourd'hui, sur les 45 000 agents que compte la RATP en Île-de-France, 41 000 (soit 9 sur 10) sont soumis à ce régime spécial, les autres salariés ayant un contrat de travail de droit privé. Ce régime spécial permet aujourd'hui à un conducteur de bus ou de métro à Paris de voir ses droits ouverts à près de 51 ans. Pour un agent de maintenance, cet âge est fixé à 56 ans, contre 61 ans pour un cadre. Une ouverture des droits sans cesse repoussée, au gré des réformes de ces dernières années. 

Âge théorique et âge réel

Il faut néanmoins distinguer cet âge théorique du départ en retraite réel des agents. Ainsi aujourd'hui, un conducteur qui sur le papier peut partir à 51 ans continue plutôt de travailler jusqu'à ses 56 ans afin de ne pas subir de décote s'ils n'a pas cotisé suffisamment longtemps.

Ces derniers mois, le Premier ministre Édouard Philippe a souligné à plusieurs reprises que cet âge demeurait avantageux par rapports aux conditions dont bénéficient d'autres agents de transport. "Un chauffeur de bus du Havre, de Bordeaux ou de Metz a parfois le même travail qu'un de la RATP et il a un régime de retraite qui n’a rien à voir. Ne peut-on pas essayer de refonder totalement un système pour faire en sorte qu’il soit universel ?" interrogeait-il le 12 septembre sur le plateau de TF1.

En réponse, les syndicats lui opposent des facteurs de pénibilité, une conduite plus dangereuse à Paris et des temps de trajets, domicile-travail plus importants en raison du montant des loyers dans la capitale, avec des journées à rallonge qu'il faut bien compenser.

Les régimes spéciaux : de quoi s'agit-il ? Les chiffres clés
Les régimes spéciaux : de quoi s'agit-il ? Les chiffres clés © Visactu / Visactu
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