À Paris, vélos, trottinettes et scooters en libre service devraient être pris d'assaut pendant la grève. Et ils ne sont pas les seuls : pour les trajets quotidiens extra-muros, les applications de covoiturage domicile-travail et les espaces de coworking prévoient eux aussi un taux d'utilisation record.

Depuis un mois, la jeune startup, qui propose du covoiturage entre collègues, tourne à plein régime.
Depuis un mois, la jeune startup, qui propose du covoiturage entre collègues, tourne à plein régime. © Radio France / Fanny Ohier

90% des trains supprimés, 11 lignes du métro parisien fermées : les prévisions de transports annoncent un jeudi noir, et la grève pourrait durer. Alors pour éviter de perdre ne serait-ce qu'une journée de travail, entreprises et salariés s'organisent en région parisienne. Et pour ceux qui habitent loin de leur bureau, il y a les solutions partagées : covoiturage et espaces de coworking notamment. L'occasion pour de jeunes entreprises de se faire connaitre.

À la veille du jeudi noir, "C'est un peu la course" 

Dans les bureaux en open space de "Klaxit", application mobile qui organise du covoiturage entre collègues, le téléphone de Camille Chaigne n'arrête pas de sonner. "C'est un peu la course !", lance dans un sourire la chargée de clientèle. "J'ai entre 5 et 15 appels d'entreprises par jour pour préparer la grève du 5 décembre !" Et les sollicitations se sont multipliées ces derniers jours, du jamais vu pour Julien Honnart, le fondateur de l'application.

Nous avons cinq fois plus de demandes que d'habitude ! 

La startup propose d'ailleurs un tarif "spécial grève" pour les entreprises et les particuliers grâce au partenariat avec la RATP. L'occasion de se saisir d'une nouvelle clientèle pour Julien Honnart : "Notre objectif est de poursuivre les contrats avec les entreprises au-delà des grèves et sur ce sujet, on est plutôt confiants puisqu'une fois que les salariés ont découvert le service, ils l'adoptent comme un nouveau moyen de transport."

La grève, un moyen de faire connaitre de nouvelles pratiques de travail 

Parmi la quarantaine de sociétés partenaires de la RATP le temps de la grève, il y a celles qui proposent des services de mobilité complémentaire aux transports en commun (VTC, vélos, trottinettes, voiture en free-floating, covoiturage, autopartage et parkings) et celles qui offrent des services de travail à distance, comme les espaces de coworking. 

Chez Wojo par exemple, qui loue des lieux de travail partagés, l'entreprise offre un mois gratuit sur 200 sites, en espérant elle aussi recruter au passage de nouveaux clients. "Si on peut avoir 1 000 à 2 000 personnes qui visitent ces lieux toutes les heures le 5 décembre, ce sera une réussite" explique Stéphane Bensimon, directeur de Wojo France.

La grève c'est l'occasion de créer un trafic mais aussi de faire connaitre cette nouvelle façon de travailler en dehors de son bureau"

Le coworking, une formule qui fait de plus en plus d'adeptes, selon les professionnels du secteur qui revendiquent une multiplication par dix du nombre d’espaces de coworking en France depuis 2012. 

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