Les cheminots grévistes ont reconduit leur mouvement pour lundi, sixième jour de conflit. Après deux ans de débats et de rapports, la réforme ferroviaire doit être examinée par les députés le mardi 17 juin. Le texte sera ensuite discuté en juillet au Sénat. Cette réforme ferroviaire est au cœur du conflit.

Pourquoi faire grève maintenant ?

La grève a débuté le mardi 10 juin au soir, juste après le week-end de la Pentecôte, et une semaine tout juste avant la présentation du texte. L’objectif des grévistes est de faire pression pour obtenir des modifications en profondeur voire un report du projet de loi avant cette date butoir du 17 juin.

Les syndicats grévistes, la CGT et SUD Rail, majoritaires à eux deux, avaient annoncé que la grève pouvait durer, qu’il ne s’agissait pas d’un mouvement de 24h. Ils nient vouloir utiliser les épreuves du bac comme moyen de pression supplémentaire et rejettent la responsabilité sur le gouvernement qui pourrait selon eux reporter de plusieurs jours l’examen de la réforme pour discuter.

Qu’est-ce que la réforme ferroviaire ?

Après deux ans de débats et de rapports, le projet de loi sur la réforme ferroviaire vise d’abord à stabiliser et apurer une dette ferroviaire de 44 milliards d’euros . Le texte prévoit de revoir l’organisation et de rapprocher deux entités séparées depuis 1997 : la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), rebaptisés SNCF Mobilités et SNCF Réseau. Elles seront chapeautées par une entité-mère : la SNCF. Cette rationalisation de gouvernance entre la gestion des infrastructures (actuel RFF) et l’exploitation du réseau (actuel SNCF) doit selon le gouvernement générer des économies et éviter les dysfonctionnements mais le texte ne s’engage pas sur un plan précis d’apurement de la dette.

Les négociations sont désormais au point mort explique Véronique Julia

Les syndicats, à l’exception de la CFDT, craignent que ce nouvel organigramme ne conduise à un éclatement en trois groupes distincts, préparant l’ouverture à la concurrence du trafic voyageur. Ils réclament des garanties pour que la nouvelle entité SNCF reste une et unie. La CGT et SUD-Rail craignent que les salariés payent le coût de ce gain de productivité. Ils s’inquiètent également de la remise en cause du statut spécifique de cheminot malgré les promesses du gouvernement.

Pour consolider la nouvelle SNCF, l’UNSA et la CFDT (qui ne participent pas à la grève) ont signé avec le gouvernement un accord. Le gouvernement s’engage à soutenir, ou proposer, certains amendements lors de l’examen du texte à l’Assemblée. Ces amendements précisent par exemple les possibilités d’évolution des agents dans le futur groupe, leur recrutement, la représentativité des syndicats dans chaque entité, l’organisation d’un comité central d’entreprise…

La CGT, elle, salue la proposition du gouvernement de convoquer des états généraux du dialogue social à la SNCF. Un rapport sur le traitement de la dette sera par ailleurs présenté chaque année au Parlement.

Où en sont les négociations ?

Syndicats et gouvernement se sont beaucoup vus au début de la grève, mercredi et jeudi. Le gouvernement a alors salué des avancées. Depuis vendredi, François Hollande, Manuel Valls et ses ministres appellent à cesser immédiatement le mouvement. Ce week-end, officiellement le dialogue était maintenu mais aucune réunion n’a été rendue publique.

La porte-parole de SUD Rail Nathalie Bonnet dit ne plus avoir de nouvelles du gouvernement

Il n’y a pas eu de réunion officiellement dimanche. Le gouvernement assure être toujours ouvert au dialogue mais refuse de reporter l’examen de son texte. Il estime que les aménagements seront apportés lors des discussions à l’Assemblée.

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