A compter de ce lundi et pour six semaines, un vaste nettoyage est lancé dans les élevages de canards de 1 134 communes du sud-ouest. Objectif : éradiquer la grippe aviaire.

Dans un élevage de canards des Pyrénées-Atlantiques, l'un des cinq départements concernés par le vide sanitaire.
Dans un élevage de canards des Pyrénées-Atlantiques, l'un des cinq départements concernés par le vide sanitaire. © AFP / Iroz Gaika

A partir de ce lundi, il est formellement interdit de "mettre en place" – c'est le terme consacré par l'arrêté publié au Journal officiel – des palmipèdes dans 1 134 communes du sud-ouest de la France. Pendant trois semaines, en effet, un vide sanitaire est instauré – le deuxième depuis 2016 dans la région – pour tenter de mettre un terme à l'épidémie de grippe aviaire apparue à l'automne. Pour la suite, les éleveurs se sont engagés à adopter les meilleures pratiques pour se préserver d'une autre contamination.

Ce qui va se passer lundi

Des le 17 avril, de Sort-en-Chalosse à Puch-d'Agenais, de Vielle-Saint-Girons à Eauze, les élevages d'oies et canards doivent être vidés de toute présence animale. Dans une zone qui couvre cinq départements, la Haute-Garonne, le Gers, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, les bâtiments devront être purgés, nettoyés, désinfectés, et l'ensemble des déchets devront être évacués des exploitations dans une zone.

Les explications Philippe Everlet responsable du pôle aviculture à la chambre d' agriculture du Gers avec Corinne Cutilla

L'épidémie du virus H5N8 a déjà provoqué l'abattage de plus de 4 millions de volailles. Pour la filière, les pertes sont évaluées à 250 millions d'euros.

Ce qui va se passer ensuite

A l'issue de la période de vide sanitaire, théoriquement le 29 mai, l'élevage de palmipèdes est de nouveau possible. Sous réserve, toutefois, précise le ministère de l'Agriculture, que soient garanties "des conditions strictes de dépistage des animaux et du respect effectif des mesures de biosécurité".

Réuni à Paris, les professionnels de la filière – banques, coopératives, éleveurs, transporteurs, syndicats agricoles – se sont engagés le 13 avril à mettre en place et à respecter de nouvelles règles en matière de biosécurité. Dans le "pacte de lutte contre l'influenza aviaire et de relance de la filière foie gras" qu'ils sont signé, tous s'engagent à leur façon.

Des engagements pour prévenir la rechute

La stratégie s'organise autour de trois grands axes : la prévention, le contrôle en temps réel, la capacité de réaction.

La prévention : il faut sécuriser le transport des canards pour éviter, le cas échéant, de déplacer le virus. Pendant un an, les véhicules servant à transporter les animaux devront être "nettoyés et désinfectés" entre chaque trajet. Il faudra aussi éviter d'accumuler et d'exposer les fientes de canard, vecteurs privilégiés du virus.

Le contrôle : les éleveurs subiront un audit annuel sur l'application des règles de biosécurité. Mais ils ne seront pas les seuls : les transporteurs seront scrutés et la formation des personnels augmentée. L'administration va travailler sur la géolocalisation des élevages et l'enregistrement des mouvements d'animaux.

La réaction : un système d'alerte rapide doit être mis en place et des réponses adaptées rendues possible. Cela passe par le confinement des animaux, notamment pendant les migrations d'oiseaux sauvages à l'automne. Ce qui aura un coût, a prévenu le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) : 100 millions d'euros maintenir la capacité de production.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.