Donald Trump a réaffirmé son intention de taxer les importations d'acier et d'aluminium, affirmant notamment que l'Union européenne n'avait "pas bien traité les Etats-Unis". La Commission européenne annonce sa riposte ce mercredi.

Taxe sur les importations d'acier : les Etats-Unis s'exposent à des mesures de rétorsion de l'Europe
Taxe sur les importations d'acier : les Etats-Unis s'exposent à des mesures de rétorsion de l'Europe © AFP / SEBASTIEN BOZON

Donald Trump a annoncé la semaine dernière qu'il comptait imposer des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium importé aux Etats-Unis. 

Le beurre de cacahuète, le jus d'orange, les airelles et le bourbon américains font partie des produits que l'Union européenne pourrait lourdement taxer si Donald Trump confirme sa menace. Sont également concernés : des produits en acier, industriels et agricoles. 

C'est ce qu'a annoncé ce mercredi midi la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström lors d'une conférence de presse . 

Une liste provisoire est en discussion et sera bientôt rendue publique

Le président de la Commission Jean-Claude Juncker avait déjà précisé la semaine dernière que des entreprises emblématiques comme Harley-Davidson et Levi's, ainsi que le bourbon américain, étaient dans le viseur de Bruxelles. Il s'agirait de cibler des produits américains spécifiques pour envoyer un message politique au président américain, par exemple en visant des sociétés dans les Etats qui lui sont le plus favorables. 

Cette réponse, en accord selon l'UE avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), mettrait environ trois mois à devenir effective.  

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Les explications à Bruxelles de Quentin Dickinson

Par Quentin Dickinson

L'idée de Bruxelles est de maximiser l'impact politique aux Etats-Unis de ces mesures de rétorsion, tout en minimisant ses effets sur les consommateurs européens.  

Dans les faits, la liste de produits sur laquelle travaille l'UE ne mentionne pas d'entreprises, mais utilise une nomenclature douanière plus générale --type "pantalons, de travail, de coton, pour hommes".  Discutée avec les Etats membres, la liste doit être présentée mercredi au Collège des commissaires européens.

Lagarde met en garde

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a alerté mercredi sur  RTL :

Si le commerce international était remis en cause par des mesures de ce type-là, ce serait un canal de transmission d'une baisse de la croissance, d'une baisse des échanges et ce serait redoutable.

"Dans une guerre commerciale qui serait alimentée par une augmentation réciproque des tarifs douaniers, personne ne gagne", a estimé la patronne du FMI.  

"D'une certaine manière, poursuit-elle, Donald Trump a quelques bonnes raisons de protester contre la situation actuelle. Il y a des pays dans le monde qui ne respectent pas forcément les accords de l'OMC, qui ont des exigences notamment en matière de transfert de technologies – on pense naturellement à la Chine, mais la Chine n'est pas le seul pays à avoir de genre de pratiques."  

Les Etats-Unis plus gros importateur d'acier au monde
Les Etats-Unis plus gros importateur d'acier au monde © AFP / VINCENT LEFAI, GAL ROMA

► ECOUTER | Edouard Martin, ancien syndicaliste d'Arcelor Mittal, aujourd'hui député européen socialiste, invité du journal de 13 heures d'Yves Decaens : 

C'est surtout la Chine qui est visée par les annonces de Trump, et le dumping commercial. Mais ça affectera peu l'Europe. En revanche, le risque c'est qu"on rentre dans une guerre commerciale qui laissera des traces.

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Edouard Martin

Par Yves Decaens

Gary Cohn, dommage collatéral des menaces de Trump

Gary Cohn, principal conseiller économique de Donald Trump, a annoncé mardi sa démission face à la décision très controversée du président américain de taxer les importations d'acier et d'aluminium.

Gary Cohn, c'était le modérateur de l'équipe économique de Donald Trump. Aux cotés du ministre de la Défense et de l'ancien conseiller Rob Porter également démissionnaire, il s'efforçait de tempérer la politique commerciale protectionniste du patron de la Maison-Blanche. 

Cohn parti, c'est un boulevard pour la ligne dure qui a placé dans le viseur la Chine, le Canada et l'Europe  et s'est fixé pour objectif de réduire quoi qu'il en coûte le déficit commercial pour préparer les esprits aux droits de douane.

► ECOUTER | Les détails sur la démission de Gary Cohn avec Gregory Philipps, notre correspondant à Washington : 

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La démission de Gary Cohn

Par Grégory Philipps

Donald Trump n'a pas peur d'affirmer que les guerres commerciales sont bonnes et faciles a gagner. Ce qui laisse au mieux perplexe, y compris dans le camp républicain, où le président de la Chambre des représentants et le chef de file de la majorité au Sénat ont clairement dit redouter des représailles. 

Quand ça ne laisse pas perplexe, cela affole les marchés et les acteurs économiques...

Ce nouveau départ de la Maison-Blanche est la suite d'un grand jeu de quilles ou au fil des mois on a vu tomber les plus mesurés ou les plus critiques et s'affirmer les thuriféraires de "America First", l'Amérique d'abord. 

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