Un moment présentée comme une revalorisation du salaire minimum, la hausse de 100 euros pour les salaires les plus modestes correspond en réalité à une accélération de la revalorisation prévue de la prime d'activité, qui devait augmenter progressivement d'ici 2021.

La prime d'activité est versée aux salariés rémunérés entre 0,5 et 1,2 Smic. (Photo d'illustration)
La prime d'activité est versée aux salariés rémunérés entre 0,5 et 1,2 Smic. (Photo d'illustration) © Maxppp / PIERRE ROUANET

Lundi soir, Emmanuel macron a annoncé que "le salaire d'un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu'il en coûte un euro de plus à l'employeur". On vous explique ce qui va augmenter, quand et pour qui.

Qu'est-ce qui augmente exactement ? 

Ces 100 euros mensuels d'augmentation repose sur une hausse de la prime d'activité qui était déjà prévue, à hauteur de 80 euros, et dont le calendrier des augmentations va être accélérées. Et sur une hausse du Smic, à hauteur de 22,17 euros, avec un  montant mensuel brut qui va passer au 1er janvier de 1 184,93 euros nets à 1 210 euros nets, grâce à la revalorisation de 1,8 % déjà prévue.

Cette hausse repose donc essentiellement sur une accélération de la revalorisation de la prime d'activité. Son montant devait initialement être revu à la hausse de 30 euros en avril 2019, puis augmenté les années suivantes pour aller jusqu'à 80 euros de plus d'ici à la fin du quinquennat. Au lieu d'être étalée, la revalorisation est donc effectuée d'un seul trait, en janvier prochain.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a estimé ce lundi sur France Inter que l'annonce d'Emmanuel Macron d'une hausse de 100 euros par mois pour les salariés rémunérés au Smic va "plus loin qu'un coup de pouce" sur le salaire minimum : "C’est vraiment les travailleurs à revenus modestes, les classes populaires et les premières classes moyennes. Tous ceux qui travaillent, qui veulent la dignité du travail, c'est ceux-là qu’on encourage à travers la prime d’activité."

Qui est concerné ?

Quelque 2,6 millions de personnes bénéficient actuellement de cette prime, destinée à ceux qui touchent entre 0,5 et 1,2 Smic. Progressive puis dégressive jusqu'à un certain plafond de revenus, la prime d'activité s'établissait en 2018 à 177 euros par mois pour une personne touchant 25 % du Smic, 306 euros pour 0,5 Smic, 155 euros pour une personne rémunérée au Smic et à 46 euros pour un salarié qui touchait chaque mois un salaire équivalent à 1,2 Smic.

Quand ?

Sous réserve d'avoir fait la demande, la prime d'activité est versée mensuellement, à terme échu par la Caf ou la CMSA du département du bénéficiaire. Par exemple : la prime d'activité du mois de janvier sera versée fin janvier/début février. Cette modification devrait donc logiquement être appliquée dès le 1er janvier prochain.

Y aura-t-il quand même d'autres revalorisations de la prime d'activité d'ici 2022 ?

Le dispositif est critiqué car non automatique (en comparaison avec une revalorisation du salaire minimum) et surtout, si accélération il y a, signifie-t-elle qu'aucune autre augmentation de la prime d'activité n'aura lieu avant 2022 ? "On verra en 2020, 2021 et en 2022" a temporisé mardi matin le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. 

Du côté des "gilets jaunes", les réactions sont mitigées, certains saluant "un premier pas", d'autres dénonçant un maquillage arithmétique de mesures déjà prévues. Dans les deux cas, les militants appellent à poursuivre la mobilisation.

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