Le gouvernement tente de calmer les protestations, en affirmant qu'il n'est pas responsable en totalité de la hausse des prix du carburant. En réalité, la situation géopolitique a rendu plus visible une hausse de la fiscalité sur la pollution que l'exécutif espérait quasiment indolore pour le porte-monnaie.

Qui est responsable des prix à la pompe ?
Qui est responsable des prix à la pompe ? © Radio France / Jean-François Fernandez

Le gouvernement n'est-il responsable que d'un quart de la hausse du carburant ? Devant les protestations de l'opinion, alors que le gazole affiche un prix à la pompe autour de 1,52 euros, contre 1,28 en moyenne fin 2017, l'exécutif tente de désamorcer les critiques.

Selon Marc Fesneau, le ministre chargé des relations avec le Parlement, les taxes ne représentent que "25 %" du prix du pétrole, le reste étant lié au prix du baril, qui est à la hausse quand la situation géopolitique se tend" (comme en ce moment).

La hausse du prix des carburants s'explique quand même par la taxation qui s'est alourdie, surtout pour le diesel depuis le 1er janvier. Les taxes sur le gazole ont ainsi augmenté de 7,6 centimes par litre au total, avec notamment la contribution climat énergie ("taxe carbone"). Pour l'essence, l'augmentation a été de 3,9 centimes par litre. Sans oublier la TVA, qui est proportionnelle, et sera donc, en euro, plus élevée quand le prix brut augmente.

Nouvelles hausses à prévoir

À Bercy comme au ministère de l'Écologie, la faute est pourtant imputée à l'instabilité en Arabie Saoudite et aux sanctions contre l'Iran. Dans les faits, les prix de l'or noir se sont en effet redressés cette année, passant de 65 dollars début janvier pour le baril de Brent de la mer du Nord à 86 dollars début octobre, avant de refluer autour des 75 dollars actuellement. Soit dix centimes d'augmentation, à laquelle s'ajoutent les marges pétrolières.

Le hic, souligne l'analyste économique Christopher Dembik, c'est que le gouvernement, qui avait initié cette hausse de la fiscalité sur la pollution, espérait un prix du baril modéré qui aurait rendu la hausse quasiment invisible pour les consommateurs.

Or, "aujourd'hui, on ne peut pas exclure un prix du baril à 100 dollars" alerte l'économiste, et donc "un prix à la pompe autour de deux euros". De quoi mécontenter encore plus les conducteurs, alors que la politique de hausse des taxes sur les carburants doit être renforcée en 2019, avec des hausses de 6 centimes pour le diesel et 3 centimes pour l'essence, puis à nouveau jusqu'en 2022, l'objectif étant de rendre l'essence moins onéreuse que le diesel, jugé plus polluant.

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