Jusqu'au 3 mars à minuit, un sondage en ligne demande aux Français s'ils veulent garder le changement horaire saisonnier, ou s'ils préfèrent, une bonne fois pour toute, adopter une heure fixe. Si changement il y a, il sera mis en place en 2021. D'ici là, il faudra continuer de changer nos montres deux fois par an.

La France a adopté le changement d'heure saisonnier en 1976.
La France a adopté le changement d'heure saisonnier en 1976. © Getty / Creativ Studio Heinemann

Une directive européenne pourrait bien, d'ici deux ans, mettre fin aux changements d'horaires saisonniers dans l'Union Européenne. Si le système est effectivement abandonné, cela rentrerait en vigueur en 2021, date sur laquelle les ministres des transports européens se sont mis d'accord lors d'un sommet en décembre 2018.

Comment on en débat ?

Depuis le 3 février dernier, et jusqu'au 3 mars à minuit, un questionnaire en ligne est adressé aux Français, sur le site de l'Assemblée Nationale, pour savoir s'il faut conserver ce changement d'heure, ou bien opter pour l'une des deux. Là encore, il faudra faire un choix clair : heure d'été ou bien heure d'hiver. 

L'heure d'été tient la corde auprès des sondés

La dernière tendance donnait les sondés majoritairement favorables à la fin du changement d'heure, selon les députés en charge de cette consultation. Parmi les sondés, une courte majorité se dit favorable au maintien de l'heure d'été, mais l'heure d'hiver tenait la corde une semaine auparavant et les chiffres sont encore fluctuants. L'ensemble des pays européens doivent, là aussi, tomber d'accord. Et le risque de mésentente est déjà grand, puisque selon la position géographique de ceux qui participent au vote (Français mais aussi européens), le temps de luminosité n'est pas le même, et l'heure de lever et coucher du soleil est différente à l'est et l'ouest.
 

Aux origines de l'heure d'été

Dès 1784, l’inventeur américain Benjamin Franklin propose de changer d’heure pour “économiser des chandelles” et profiter d’une heure de soleil supplémentaire. La mesure est d'abord appliquée en 1916 pour économiser en temps de guerre, supprimée à la Libération, pour être rétablie une nouvelle fois lors de la Seconde guerre mondiale, pour les mêmes raisons.

À la fin des années 60, plusieurs pays se mettent d'accord pour moduler régulièrement les heures selon la saison, afin de réaliser des économies d'énergie. La France est entrée dans le jeu en 1976, après le choc pétrolier, en modifiant l'heure légale (l'heure d'hiver, fuseau horaire UTC +1 : 12h à Londres, 13h à Paris), pour l'heure d'été.

Les pays participants se sont ensuite alignés, à plusieurs reprises, sur la même date de bascule : dernier dimanche d'octobre pour l'heure d'hiver, dernier dimanche de mars pour l'heure d'été (UTC + 2), à chaque fois à 2h du matin. Aujourd'hui, le changement d'horaire, qui a pour but de faire correspondre au mieux les heures d'activités avec celle de l'éclairage naturel, a été adopté par près de 70 pays dans le monde, principalement situé dans l'hémisphère nord (Europe, Amérique du Nord), mais aussi en Océanie.

Pourquoi remettre en question le changement d'heure ?

Selon l'Ademe, le changement d’heure "permet des économies en énergie et CO2 réelles mais modestes, pour un coût quasi-nul de mise en œuvre". L'agence de l'Environnement et de la maîtrise de l'énergie se base ainsi sur une étude d'impact réalisée en 2010, qui évoque "440 GWh d’électricité  économisés annuellement". 

Sauf que ce gain a changé depuis la réalisation de l'étude : "L’éclairage public étant de plus en plus performant et de moins en moins énergivore, le changement d’heure permettrait aujourd’hui de réduire la consommation électrique de 351 GWh", explique le site du magazine "Le monde de l'énergie", sans compter la généralisation des lampes LED sur le marché.

L'efficacité du changement saisonnier, concernant ces fameuses économies d'énergies, est donc désormais largement remise en question, à tel point que plusieurs pays ont déjà décidé de s'en passer (Chine, Argentine, Turquie) ces dernières années, arguant que les économies d'énergie réalisées ne compensent pas les effets négatifs sur le bien-être et la santé (ceux d'un rythme biologique perturbé, notamment).

L'ensemble des pays européens doivent, là aussi, tomber d'accord. Et le risque de mésentente est déjà grand, puisque selon la position géographique de ceux qui participent au vote (Français mais aussi européens), le temps de luminosité n'est pas le même, et l'heure de lever et coucher du soleil est différente à l'est et l'ouest. 

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