Pour la première fois depuis le début de son mandat, le président de la République a reçu les banquiers français. Quelques dossiers chauds ont été évoqués, au lendemain du vote par le Parlement du projet de loi sur la réforme bancaire.

Lors du fameux discours du Bourget, le 22 janvier 2012, moment clé de sa campagne présidentielle, François Hollande déclarait que la finance était "son adversaire".

Aujourd'hui, le désormais président de la République a pourtant reçu les patrons des grandes banques françaises à l'Elysée, dont le président de la Fédération bancaire française, Jean-Paul Chifflet.

La date n'est pas anodine : hier, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi portant sur la réforme bancaire . Un texte qui doit réguler l'activité financière et la spéculation mais qui a été jugé trop mou par certains, par rapport aux promesses du candidat Hollande.

Bruce de Galzain fait le compte-rendu de ce rendez-vous inédit

Les dossiers

Le premier débat tourne autour du Livret A et des profits qu'il génère. Pour le moment, l'argent collecté sur ce placement profite surtout à la Caisse des dépots, à hauteur de 65%.

Les banques sont donc en négociations pour récupérer une partie de cette épargne.

La taxe sur les transactions financières fait aussi partie des discussions car elle est depuis longtemps dénoncé par les grands établissements français.

Cette taxe doit être appliquée dans 11 pays de l'Union européenne et les banques estiment immense le coût de cette mesure : le Crédit Agricole évoque un chiffre de 17 milliards d'euros de perte.

Il y a une semaine, Pierre Moscovici, ministre de l'Economie a jugé les modalités d'application de cette taxe "excessives". Le dialogue, sur ce sujet, avec les banquiers parait donc possible.

Limiter la réforme bancaire

Les banquiers critiquent surtout le projet de loi portant sur la réforme bancaire, estimant qu'il va les pénaliser en terme de compétitivité.

Ils plaident devant le chef de l'Etat, une limitation de la régulation à un moment où les établissements sont déjà empêtrés dans un galimatia de lois et de règlements européens.

Cette réforme a déjà au moins une conséquence concrète : le plafonnements des agios.

Pierre Moscovici a annoncé un décret qui limitera les commissions d'intervention prélevées par les banques à 8 euros par opérations et 80 euros par mois pour l'ensemble des clients.

Un plafond de 4 euros par opération et de 20 euros par mois est même prévu pour les "clients les plus fragiles".

Pour l'Association Française des Usagers des Banques, cette mesure n'est pas suffisante.

Son président, Serge Maître, au micro de Julie Szmul

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