Hollande et Merkel ont repris la main sur le dossier grec hier à l'Élysée.
Hollande et Merkel ont repris la main sur le dossier grec hier à l'Élysée. © MaxPPP

Au lendemain de la victoire du "non" au référendum grec, la démission du ministre des Finances Yanis Varoufakis a ravivé lundi l'espoir d'une reprise des négociations entre Athènes et ses créanciers. Face à cette nouvelle donne, Paris et Berlin ont fait cause commune en attendant les propositions du Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Pour le moment, selon Angela Merkel, Il n'y a toujours pas de base pour des négociations avec la Grèce. Elle a évoqué un délai de plusieurs jours pour parvenir à un accord avec la Grèce. "Ce n'est pas une question de semaines mais de quelques jours", a-t-elle déclaré en réaffirmant le lien entre la solidarité européenne et la responsabilité des dirigeants grecs.

Hollande et Merkel sur la même ligne

Après un entretien avec la chancelière Angela Merkel, François Hollande a déclaré :

La porte est ouverte aux discussions et il revient maintenant au gouvernement d'Alexis Tsipras de faire des propositions sérieuses, crédibles, pour que (sa) volonté de rester dans la zone euro puisse se traduire.

L'un et l'autre ont souligné l'urgence de la situation, alors que la Grèce est censée rembourser le 20 juillet 3,5 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE).

Hollande et Merkel ont tenu à reprendre la main sur le dossier grec. L'analyse de Bertrand Gallicher

L'heure est aussi à la bonne volonté affichée du côté du Fonds monétaire international: "Le FMI a pris acte du référendum qui s'est tenu hier en Grèce", a déclaré sa directrice générale Christine Lagarde, citée dans un communiqué. "Nous suivons de près la situation et sommes prêts à assister la Grèce si la demande nous en est faite."

Dans l'immédiat, la Banque centrale européenne (BCE) a reconduit en l'état le mécanisme de fourniture de liquidité d'urgence (ELA) aux banques grecques, mais ces dernières restent fermées au public.

Cela fait une semaine que la fermeture des établissements bancaires empoisonne la vie des Grecs. Reportage à Athènes de Laurent Kramer

La BCE a ajouté que le Conseil des gouverneurs était "résolu à employer tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat". Ce statu quo est toutefois une pression supplémentaire pour Alexis Tsipras à la veille d'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles ce mardi.

La Grèce soumettra de nouvelles propositions à ses créanciers européens "peut-être mercredi", a déclaré un haut responsable de la zone euro, alors qu'un sommet de la zone euro est convoqué dans la soirée de mardi. "Ils disent qu'ils soumettront peut-être demain une nouvelle requête et les grandes lignes de leurs propositions", a indiqué ce responsable. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'adressera quant à lui mercredi au Parlement européen , a dit un responsable du gouvernement d'Athènes.

Varoufakis s'en va, les difficultés demeurent

Pour sa part, Yanis Varoufakis, dont l'attitude et le discours lui valaient l'inimitié de bon nombre de ses homologues de la zone euro, a expliqué avoir été informé d'une "certaine préférence" de plusieurs membres de la zone euro pour son "absence" aux réunions ministérielles.

"J'estime qu'il est de mon devoir d'aider Alexis Tsipras à exploiter, comme il le jugera adéquat, le capital que le peuple grec nous a accordé lors du référendum d'hier", a-t-il écrit sur son blog personnel. "Et j'assumerai avec fierté le mépris des créanciers."

Sans surprise, c'est Euclide Tsakalatos, actuel coordonnateur des négociations avec les créanciers, qui a été choisi pour succéder à Varoufakis. Il devra rejoindre ses homologues de la zone euro mardi, quelques heures avant un sommet des chefs d'État et de gouvernement du bloc. Si certains observateurs et dirigeants politiques européens voient dans la victoire à plus de 61% du "non" dimanche une étape vers la sortie de la Grèce de la zoneeuro, d'autres espèrent que le gouvernement grec et ses créanciers reprendront rapidement les pourparlers.

Les 18 partenaires de la Grèce attendent d'elle de nouvelles propositions mardi, a déclaré le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a été plus direct : "Si les choses restent en l'état, nous sommes dans l'impasse. Il n'y pas d'autre choix. Ils doivent être prêts à accepter de profondes réformes". En l'absence de telles réformes, a poursuivi le chef du gouvernement, les Pays-Bas ne sont pas prêts à contribuer davantage au sauvetage des comptes publics d'Athènes.

Berlin fait pression

L'Allemagne, premier créancier de la Grèce, dit attendre que celle-ci clarifie sa position mais prévient que, de son point de vue, la question d'une réduction de dette n'est pas à l'ordre du jour. Plus largement, a jugé le vice-chancelier Sigmar Gabriel, Athènes doit désormais convaincre de sa bonne volonté :

Si la Grèce veut rester dans la zone euro, son gouvernement doit rapidement formuler des propositions conséquentes, qui aillent au-delà de ce à quoi il s'est dit prêt jusque-là. Pour la population grecque, la vie va devenir encore plus difficile dans les jours et les semaines à venir. L'insolvabilité définitive du pays est désormais un risque imminent.

Sur les marchés financiers, l'impact du résultat du référendum a été amorti par la démission de Yanis Varoufakis et l'espoir d'une reprise des pourparlers.

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