Le marché du logement neuf s'essouffle depuis le début de l'année 2018 alors qu'Emmanuel Macron promettait de nouvelles mesures pour favoriser les constructions rapides. Le projet de loi Elan sera de retour devant le Parlement à la rentrée.

Chantier d'urbanisation du quartier de Bacalan, à Bordeaux (photo d'illustration).
Chantier d'urbanisation du quartier de Bacalan, à Bordeaux (photo d'illustration). © AFP / Aurimages / Philippe Roy

Après deux années de progression régulière, le marché français du logement neuf donne des signes d'essoufflement depuis le début 2018. Les mises en chantier ont encore reculé entre avril et juin 2018 (-4,3%) par rapport à la même période de 2017, comme les permis de construire (-4%), selon le ministère de la Cohésion des territoires. 

"Le choc d'offre" promis par le candidat, puis par le président, Emmanuel Macron se fait donc toujours attendre. Le projet de loi Elan (Évolution du logement, de l'aménagement et du numérique), qui permettrait ces constructions rapides pour "tasser les prix", doit encore passer en commission mixte au Parlement cette rentrée.

En 2016 et 2017, le marché du logement neuf avait progressé grâce à des taux d'intérêt très bas, et au renforcement des aides publiques à la propriété sous le quinquennat de François Hollande, dont notamment le prêt à taux zéro (PTZ). Mais depuis, les ménages ont plus de mal à acheter.

Une fiscalité "confiscatoire"

Depuis quelques trimestres, plusieurs facteurs expliquent les nouvelles difficultés du logement neuf. Les taux d'intérêts se stabilisent, les prix des logements repartent à la hausse, et le nouvel exécutif porté par Emmanuel Macron a réduit différentes aides comme le PTZ ou le dispositif fiscal dit Pinel.

Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment, explique : 

Il y a moins de gens qui achètent parce qu'ils n'en ont pas les moyens. La fiscalité est trop forte et fait chuter le nombre de mises en chantier.

En attendant la concrétisation du projet de loi Elan au Parlement, le logement neuf a donc tout le temps de s'effondrer. 

Un manque à gagner pour l'État

L'immobilier est pourtant important pour les caisses de l'État. En 2017, la hausse des constructions et autres transactions lui a permis d'empocher plus de 30 milliards d'euros de bénéfice net. C'est aussi pour cela que l'exécutif espère "construire plus, mieux et moins cher". La loi Elan devrait effectivement permettre d'alléger certaines normes et mesures, et ainsi limiter les recours contre les permis de construire

Reste que si les mesures du projet de loi "devraient permettre d'améliorer les ventes et la construction (...),  l'effet ne va pas être immédiat et sera très dur à mesurer", relativise Olivier Eluère, économiste au Crédit Agricole, et spécialiste de l'immobilier.

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