Le prélèvement à la source, c’est maintenant ? Pas si sûr. Le président de la République n’a pas encore définitivement tranché sur la question. Emmanuel Macron se donne encore 15 jours pour se décider. En attendant, le doute semble gagner l'ensemble du gouvernement.

La réforme de l'impôt restera t-elle dans les cartons ?
La réforme de l'impôt restera t-elle dans les cartons ? © Maxppp / Vincent Isore

Les Français vont-ils encore payer eux-mêmes directement leur impôt sur le revenu l’année prochaine ? Cette perspective semble se concrétiser d'heure en heure. Emmanuel Macron souhaite en tout cas des "réponses précises" avant de donner son feu vert sur la mise en place du prélèvement à la source, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2019.

"J'ai plutôt l'intention de conduire cette réforme à son terme, mais j'ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore, avant de donner une directive finale", a dit le président au cours d'une conférence de presse à Helsinki (Finlande). Lancée sous le quinquennat précédent, la réforme, qui va concerner près de 38 millions de foyers fiscaux, a déjà été retardée d'un an par l'exécutif. La majorité la présentait jusqu'ici comme acquise définitivement.

Darmanin se dit "certain" que tout fonctionne

Des propos en contradiction avec ceux du ministre du budget qui répète que la réforme se fera. En charge du dossier, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a assuré à France Bleu Béarn être "certain que les choses fonctionneront très bien". En visite au centre des Finances publiques de Pau ce jeudi, Gérald Darmanin a indiqué qu’il aurait "l'occasion de le dire au président de la République et au Premier ministre". Le ministre fera le point "la semaine prochaine" avec le directeur général des Finances publiques afin de démontrer "que la modernisation de l'impôt est une chose positive soutenue par l'ensemble de l'opinion publique".

Selon le ministre de l'Action et des comptes publics, le Premier ministre s'interroge pour savoir si tout va bien. "Est-ce qu'il n'y a pas de bug informatique, est-ce que les entreprises ont des moyens de faire ce prélèvement à la source, est-ce qu'il y a des crédits d'impôt qui seront versés auparavant ? J'aurai l'occasion de le redémontrer au président de la République et au Premier ministre", a précisé Gérald Darmanin.

Pour porter une telle réforme, "mieux vaut tous tirer dans le même sens... Et ça n'est pas le cas", regrette un cadre de la majorité. Selon les informations de France Inter, le doute aurait gagné le chef de l'Etat qui se méfie d'un effet boomerang dans l'opinion. Emmanuel Macron craint que ses mesures pour le pouvoir d'achat ne se retrouvent masquées par ce prélèvement mensuel sur les salaires. En attendant, c'est la stupeur à Bercy où les équipes assurent qu'elles sont prêtes !

La mise en œuvre du dispositif suscite par ailleurs la préoccupation de chefs d'entreprise et de syndicats, qui s'inquiètent de possibles failles ou angles morts. Elle est aussi critiquée par des responsables de l'opposition, comme Laurent Wauquiez (LR), qui a demandé mercredi à l'exécutif d'y renoncer, jugeant qu'il était "encore temps" d'arrêter une réforme "qui va dans le mur".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.