Pôle Emploi veut réorganiser ses activités en dématérialisant la gestion de l'indemnisation pour redéployer ses salariés vers l'accompagnement des chômeurs.

Un mouvement de grève des salariés de Pôle Emploi est prévu le 6 mars prochain
Un mouvement de grève des salariés de Pôle Emploi est prévu le 6 mars prochain © AFP / PHILIPPE HUGUEN

A Pôle Emploi, une grève est annoncée le 6 mars prochain pour protester contre la réorganisation du service publique de l'emploi. Cette réorganisation, selon les syndicats CGT, FO, Sud et SNU-FSU, va se traduire par la disparition d'une des missions de Pôle Emploi : les indemnisations, autrefois appelées les assédic.

Une réunion d'information était organisée aujourd'hui à la bourse du travail à Paris et devant l'inquiétude et la colère des salariés, la salle était comble. Une première mobilisation d'ampleur, qui s'explique, selon Luc Chevallier, du syndicat Sud, par l'inquiétude vive des salariés, pour leur travail bien sûr, pour les demandeurs d'emploi évidement, mais aussi pour l'avenir de Pole Emploi.

Dans un tract, les quatre syndicats demandent le "retrait" de l'accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), signé par la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC, qui vise à accroître les effectifs de conseillers à l'emploi via un redéploiement des agents chargés de l'indemnisation. Ils craignent une "disparition quasi totale du métier d'indemnisation" et, à terme, une "restructuration d'ampleur", à l'image de Nadia, chargée justement de l'indemnisation dans une agence Pôle Emploi de Paris :

"La valeur ajoutée de Pôle Emploi [est] auprès des demandeurs d'emploi"

Les syndicats dénoncent également la "dématérialisation à outrance et le lancement de 'bobemploi' (une plateforme numérique de bigdata pour accompagner les chômeurs, NDLR), dans une nouvelle tentative de substitution des conseillers par la machine et de mise à distance des usagers".

Selon l'AFP, la direction prévoit de redéployer "progressivement" et "sur la base du volontariat" les agents concernés vers des activités de suivi et d'accompagnement :"Le numérique est un outil de plus au service des demandeurs d'emploi [et] la valeur ajoutée de Pôle emploi est bien dans le rôle et l'action des conseillers auprès des demandeurs d'emploi. Mais rater le virage numérique, c'est se condamner".

Concernant l'avenir de l'établissement, elle reconnaît une "vraie inquiétude du personnel, ravivée par les débats de la campagne présidentielle, par rapport à une régionalisation".

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