Le système de jeu vidéo à distance du géant du web, sans console ni PC, dévoilait ses principales caractéristiques ce jeudi, en amont de l'E3, le salon annuel de l'industrie. Et s'il avait intrigué tout le monde il y a quelques mois, on semble finalement assez loin du "Netflix du jeu vidéo" que beaucoup espéraient.

La manette est le seul élément "tangible" du système de jeu vidéo de Google, tout le reste passe par le cloud
La manette est le seul élément "tangible" du système de jeu vidéo de Google, tout le reste passe par le cloud © Google

Google Stadia a désormais une date de naissance officielle : ce sera en novembre prochain dans 14 pays, dont la France. Une sortie avant la période hyper-concurrentielle des fêtes, histoire de ne pas être noyé au milieu des sorties, et une annonce faite quelques jours avant le début de l'E3, pour tenter de griller la politesse aux futurs concurrents.

Dans une vidéo diffusée directement sur YouTube, Google a révélé les informations que les joueurs attendaient depuis l'annonce, aussi grandiloquente qu'intrigante, de ce système qui promettait une expérience de jeu novatrice, avec un système d'abonnement mensuel et la possibilité de jouer aussi bien sur son écran de télévision que sur son ordinateur, sa tablette ou son téléphone. L'imagination des journalistes étant parfois limitée (y compris celle de votre serviteur), il n'en fallait pas plus pour que tout le monde parle d'un "Netflix du jeu vidéo".

Mais désormais, on peut compter les différences avec le célèbre service de vidéo, voire les obstacles potentiels au succès planétaire que vise Google.

On se doutait par exemple que la qualité de la connexion Internet serait un critère essentiel pour faire tourner des jeux récents à distance... C'est désormais officiel : inutile d'espérer jouer à Stadia avec une qualité maximale sur une connexion ADSL (la plus répandue sur le territoire français), il faudra au moins la fibre pour concurrencer les consoles et PC actuels. De quoi réduire considérablement les territoires qui pourront en bénéficier... Au moins le temps qu'ils soient desservis en Internet à très haut débit.

Même abonné, il faudra payer

L'autre élément important pour réussir à séduire, c'est bien sûr le prix. Dans le monde des séries et des films, tout est simple : un abonnement mensuel pour un accès illimité. Pour le jeu vidéo, il va falloir se creuser la tête, et deux formules seront proposées par Google : 

  • Stadia Pro, pour une dizaine d'euros par mois, qui permet d'accéder à certains jeux gratuitement, mais vous oblige quand même à acheter les plus récents (à un prix réduit) ; c'est aussi l'abonnement qui permet d'accéder à la meilleure qualité d'image et de son
  • Stadia Base, sans abonnement mais où tous les jeux sont payants (un peu comme si Netflix, OCS ou Prime Video vous proposait d'acheter un par un les séries que vous voulez regarder)

Google propose aussi, dès aujourd'hui, une "Édition fondateur" pour les plus pressés, comprenant pour 129 euros une manette, un Chromecast Ultra (nécessaire pour diffuser le jeu sur un écran) et trois mois d'abonnement, partageables avec un ami.

Un catalogue de jeux qui brille peu

Bien entendu, l'essentiel, ce sont surtout les jeux vidéo eux-mêmes. Mais là encore, l'accueil est plutôt mitigé : certes, la plupart des grands éditeurs ont répondu présent, mais avec des titres déjà sortis ou annoncés sur les machines actuelles, et des projets qui suscitent certes la curiosité, mais pas une irrésistible envie. Seule l'annonce surprise de Baldur's Gate III, nouvel épisode d'un classique culte du jeu de rôles (un clin d’œil appuyé aux joueurs chevronnés), a provoqué des soupirs d'heureuse nostalgie. Au total, une trentaine de jeux ont été révélés, et d'autres suivront, notamment pendant l'E3.

Le point fort de Stadia reste de pouvoir jouer à ces jeux n'importe où (à condition d'avoir une bonne connexion Internet), sans matériel spécifique autre qu'une manette (si Google propose la sienne, Stadia sera aussi compatible avec les modèles habituels des autres consoles).

Mais on a tout de même du mal à comprendre quel public vise le projet de Google : les passionnés ne verront sans doute pas l'intérêt d'abandonner leurs consoles (et leur catalogue de jeux existant, sans commune mesure pour l'instant) ; les autres risquent de trouver la facture trop salée pour se lancer dans l'aventure...

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