La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé vendredi plusieurs pistes pour financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes, dont la possibilité de mettre en place une deuxième journée de solidarité, à l'image du lundi de Pentecôte, instaurée en 2004. Mais combien rapporte cette journée ?

La journée de solidarité pour financer les aides aux personnes âgées rapporte environ 2 milliards d'euros.
La journée de solidarité pour financer les aides aux personnes âgées rapporte environ 2 milliards d'euros. © AFP / PHILIPPE HUGUEN

Parmi les annonces ou pistes évoquées dimanche par le chef de l'Etat, figure l'idée non pas d'un nouvel impôt local ou national mais peut-être d'une seconde journée travaillée mais pas payée, comme le lundi de Pentecôte. Emmanuel Macron juge la piste intéressante pour financer la dépendance. Le lundi de Pentecôte était une idée de Jean-Pierre Raffarin après le douloureux épisode de la canicule de 2003 et là aussi pour financer en partie la prise en charge des personnes âgées. 

Le chiffre global à retenir, c'est 28 milliards d'euros. Depuis sa création en 2004 et jusqu’en 2017, la journée de solidarité a permis de collecter cet argent. Tous les salariés, publics, privés, sont concernés. Pour le moment seules les professions libérales y échappent. Chaque année, chaque salarié, travaille gratuitement une journée. Puis à charge pour l'employeur de reverser une contribution de 0,3% de sa masse salariale, ce qui correspond au temps travaillé "gratuitement" par les salariés. 

Chaque année autour de 2 milliards

Les revenus du capital sont aussi soumis à cette contribution de 0,3%. Par ailleurs, depuis 2013, les pensions des retraités-imposables sont aussi ponctionnées à hauteur de 0,3%. Au final, cette journée de solidarité rapporte chaque année autour de 2 milliards 300 millions d'euros. Mais tout cet argent n'est pas dédié uniquement aux personnes âgées. Il y a 60% des recettes qui sont affectées à l'aide aux personnes âgées, en gros 1 milliard et demi, le reste bénéficiant aux personnes handicapées. Ce qui fait dire à Pascal Champvert, le président de l'association des directeurs au service des personnes âgées qu'une seconde journée de ce type serait encore très insuffisante, pour des besoins, dit-il, de l'ordre de 10 milliards d'euros par an.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.