[3/5] Troisième épisode de notre balade dans les villes de France, à quelques jours des municipales. Aujourd'hui, cap sur Issoire (Puy-de-Dôme), où la courbe du chômage s'est inversée en 2013, grâce à une industrie aéronautique florissante.

Issoire aviation
Issoire aviation © Radio France / Gabriel Pereira

C'est un petit miracle économique. Au pied des volcans d'Auvergne, à une quarantaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand, Issoire affiche une santé presque insolente. Alors que le taux de chômage a stagné en 2013 au-dessus de la barre des 10 % au niveau national (départements d'outre-mer compris), il a reculé dans cette ville de 15.000 habitants. En l'espace de 6 mois, le taux de chômage est passé de 9,9 à 9,5 % , selon l'Insee, avant de remonter légèrement en fin d'année (9,7 %). La voilà la fameuse inversion de la courbe du chômage !

La courbe du chômage s'est inversée à Issoire
La courbe du chômage s'est inversée à Issoire © Radio France / Gabriel Pereira

Autre signe encourageant, selon Christophe Mondière, responsable d'équipe à l'agence Pôle Emploi d'Issoire :

Les licenciements pour motif économique ont chuté de 20 % en 2013. Et nous n'avons eu aucune demande de chômage partiel.

La locomotive Constellium

Vue aérienne du site de Constellium à Issoire
Vue aérienne du site de Constellium à Issoire © MaxPPP / Jean-Louis Beltran

Il faut dire que l'industrie aéronautique se porte bien. L'un des plus gros employeurs du coin s'appelle Constellium, 1.500 salariés, presque une ville dans la ville.

C'est sur ce site immense que sont fabriquées les ailes de l'A380 d'Airbus (36 mètres de longueur chacune). C'est ici aussi que se trouve l'un des plus grands laminoirs du monde.

Et le carnet de commandes est plein. En 2013, Constellium a dû embaucher plus de 70 personnes, des ouvriers et des ingénieurs, après avoir déjà recruté une quarantaine de salariés l'année précédente.

Des avions "100 % made in Auvergne"

Derrière la locomotive Constellium, d'autres entreprises, souvent familiales, se développent à vitesse grand V. C'est le cas du groupe Rexiaa , créé en 1986 : huit entreprises, dont six en Auvergne, spécialisées dans les matériaux composites pour l'aéronautique et les transports. "Tous nos comptes sont dans le vert" , sourit Isabelle Moniot, l'une des dirigeantes du groupe (avec son père et son frère).

On a connu la crise en 2008, comme tout le monde, mais le secteur de l'aéronautique est reparti très fort, il a fallu s'adapter en embauchant. Et à l'heure actuelle, nous sommes toujours dans cette phase de recrutement.

Le site le plus emblématique de la réussite du groupe Rexiaa, Issoire Aviation, est installé en bordure de l'aérodrome, à une dizaine de minutes du centre-ville. Ici, les 150 salariés fabriquent et assemblent eux-mêmes des avions légers destinés, entre autres, aux écoles de pilotes. "Ce sont des appareils 100 % made in Auvergne", insiste Isabelle Moniot. "Nous sommes tous très attachés à la région. C'est l'esprit de clocher !"

[DIAPORAMA SONORE] Découvrez l'atelier d'Issoire Aviation en images et en son :

D'autres entreprises d'Issoire se développent. Interforge a embauché une dizaine de personnes en 2013 et prévoit d'en recruter autant cette année. À quelques mètres de là, le métallurgiste Aubert et Duval (360 salariés) va aussi renforcer ses équipes, avec l'embauche d'une quinzaine d'ouvriers dans les prochains mois.

"Les perspectives sont bonnes" , confirme Christophe Mondière de l'agence Pôle Emploi d'Issoire. "Des industriels ont montré leur intérêt pour Issoire récemment. Certains pourraient venir s'installer ici très bientôt".

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