L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) fait l'état des lieux de l'agriculture française en 2018 ce jeudi 4 juillet. Elle se porte bien, grâce au vin.

Champ et tracteur à Cergy
Champ et tracteur à Cergy © Radio France / Stéphanie Berlu

Une production végétale qui va mieux et une production animale qui stagne. C'est le constat de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui dévoile ce jeudi les chiffres de la production et de la valeur de la production agricole française en 2018. 

La production végétale va bon train grâce au vin

La production agricole gagne en valeur, c'est le premier signe d'une agriculture française en bonne santé d'après l'Insee : +5.7 %.  Les chiffres dépassent même les niveaux standards qui servaient de baromètre avant la forte baisse de 2016.

Ce bilan satisfaisant est dû à une production végétale qui ne s'était pas aussi bien portée depuis longtemps. Elle "tire la croissance" agricole, selon l'Insee avec ses +10.3%. 

Des bons chiffres qui résultent essentiellement d'une très bonne saison pour le vin. Pendant trois ans, la production vinicole baissait. Gros rebond en 2018 : + 28.7% alors que toutes les autres productions végétales diminuent en volume. Grâce aux "conditions climatiques particulièrement favorables" cette année-là, rapporte l'Insee.

"Il faut faire attention à ces chiffres, parce que la très bonne saison viticole cache une saison difficile pour les autres agriculteurs", prévient Gilbert Guignand, président de la commission économie entreprise des Chambres d'Agriculture France (APCA). "Il faut se rappeler que des régions céréalières ont souffert avec les inondations de l'hiver 2017/2018."

La production animale en légère baisse

Du côté de la production animale, les chiffres sont moins flamboyants. Contrairement à la filière végétale, la production recule un peu (-0.9%) et les prix baissent. À cause notamment du prix du porc. Après deux ans de hausse, il s'est écroulé en 2018 : - 11.9 %. 

Une baisse due à la mauvaise presse faite à l'élevage français ? Aux recommandations nutritionnelles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) ? Rien de tout ça analyse Gilbert Guignand : "Il n'y a pas de lien avec la consommation des Français. L'état du marché de la viande, notamment du porc, change très vite, en fonction des importations, des accords internationaux... "

Protéger les agriculteurs et revoir le régime fiscal 

Autre bémol, les agriculteurs ont mis davantage la main au portefeuille en 2018. Après quatre années de baisse, les charges ont augmenté de 2.1%, à cause notamment, de la hausse des prix de l'énergie. 

"Ça rend les choses compliquées quand les marchés changent chaque année, regrette le représentant à l'APCA. Avec cette instabilité qui s'est installée, il faudrait revoir le régime fiscal des agriculteurs pour que ces derniers ne soient pas sur le fil du rasoir quand l'année est mauvaise." Car la filière séduit de moins en moins de monde. En 2018, l'emploi agricole a continué à décroître (-0.3%).

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