La carte de l'autorité de régulation des télécoms détaillant la couverture mobile doit davantage prendre en compte la modification de l'utilisation mobile des Français.

Dans seulement la moitié de la France, on peut aussi passer des appels à l'intérieur des bâtiments
Dans seulement la moitié de la France, on peut aussi passer des appels à l'intérieur des bâtiments © AFP / Eric Audras / AltoPress / PhotoAlto

L'Arcep, l'autorité de régulation des télécoms, a mis ce lundi un couteau sous la gorge des opérateurs en publiant une carte de la qualité de couverture téléphonique mobile en France.

Cette carte, consultable sur le site monreseaumobile.fr, qui demeure incomplète, a l'avantage de mieux détailler le niveau de couverture en France et démontre que le territoire reste massivement mal desservi. Pour comprendre la carte, il faut regarder le niveau de rouge de la zone que l'on observe. Plus il est foncé, plus la couverture y est bonne.

Les niveaux définis par l'Arcep vont de pas de couverture, en blanc, à un très bon niveau de couverture, c'est à dire que l'on peut passer des appels chez soit aussi bien à l'intérieur de leur domicile qu'à l'extérieur. Entre les deux, la "bonne" couverture, qui permet d'utiliser correctement son téléphone pour appeler et échanger des sms à l'extérieur d'un bâtiment, mais ne garantit pas son utilisation à l'intérieur des murs, et le niveau "limité", là où même à l'extérieur, le réseau peut être défaillant.

Si entre 85 et 90 % de la population française, selon les données fournies par les quatre opérateurs de téléphonie mobile, bénéficient d'un très bon taux de couverture, la situation est bien moins reluisante lorsque l'on regarde la couverture sur l'ensemble du territoire. Car dans téléphonie mobile, il y a "mobile". Or, selon les opérateurs, entre 48 et 60 % du territoire bénéficie d'une très bonne couverture, c'est à dire nous permettant d'émettre et de recevoir des appels ou d'échanger des sms à l'intérieur comme à l'extérieur.

Une couverture correcte à l'intérieur comme à l'extérieur pour seulement la moitié du pays

La carte sur ce point peut être trompeuse : selon les opérateurs et l'Arcep, entre 90 et 98% du territoire est couvert, c'est-à-dire que moins de 10% de la France est en "zone blanche", cet endroit où il est impossible de capter un quelconque signal de téléphonie. Le problème, c'est que parmi les trois niveaux de couverture proposés par l'Arcep, seul le plus haut niveau peut être considéré comme convenable.

Devoir se coller contre la fenêtre pour appeler peut-il en effet être considéré comme un "bon" taux de couverture ? Pour les consommateurs qui doivent multiplier les astuces pour s'assurer que leur téléphone continue d'avoir du réseau afin de ne pas manquer un appel, ce n'est pas certain. Cette notion st d'autant plus importante que de plus en plus de Français utilisent leur téléphone portable y compris à domicile, délaissant massivement le téléphone fixe, qu'il faut partager avec d'autres membres de la famille.

Par ailleurs, la carte ne prendre en compte que la téléphonie. Pour les réseaux 3G et 4G, soit l'internet mobile, les mêmes mesures seront disponibles courant 2018.

Enfin, la carte s'appuie sur des modélisations fournies par les opérateurs eux-mêmes. Par souci de véracité de l'information, l'Arcep a étudié les résultats indiqués en envoyant des équipes, en voiture, sillonner la Nouvelle Aquitaine pour vérifier si les mesures relevées sont les mêmes que celles indiquées par les opérateurs. "C'est le cas à 95%" expliquait ce midi Sébastien Soriano au micro de Sébastien Laugénie sur France Inter. Mais à moins d'avoir pu pénétrer dans les bâtiments pour vérifier, comment s'assurer de la distinction entre "bon" et "très bon" taux de couverture ?

L'initiative est pourtant déjà une avancée, en comparaison avec l'ancien système binaire couverture/zone blanche, qui ne reflétait pas la qualité de la réception du réseau. Avec une précision de 50m et un détail par opérateur, la carte apporte un niveau d'informations supérieur pour les consommateurs qui peuvent choisir l'offre leur permettant la meilleure couverture de leur zone d'habitation et/ou professionnelle. Un moyen, estime Sébastien Soriano d'inciter davantage les opérateurs à "une course à l'échalotte" sur la qualité de la réception télécom : "il s'agit de la stimuler encore plus pour qu'ils ne se contentent pas de faire des meilleurs prix que leurs voisins mais qu'ils fassent aussi un meilleur réseau."

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