Paroles de soldats
Paroles de soldats © Radio France

Le président François Hollande a rendu ce matin des arbitrages délicats sur les effectifs et le budget de l'armée, très sollicitée sur le sol national depuis les attentats de janvier malgré les baisses d'effectifs en cours. Il a promis 3,8 milliards d'euros de crédits supplémentaires pour la Défense d'ici 2019 et le maintien de 7.000 militaires.

Les annonces de la présidence était particulièrement attendues. L'armée devrait, à la faveur des arbitrages rendus lors du Conseil de défense tenus ce mercredi matin, sauver un certain nombre d'emplois, voués à disparaitre mais qui devraient être maintenus, pour répondre aux besoins sécuritaires sur le sol français.

18.500 postes préservés sur 34.000

34 000 postes devaient disparaitre d'ici 2019 : l'Elysée a finalement annoncé qu'il allait en préserver 18.500. Lundi, la Défense faisait valoir que les 18.500 postes dont elle demandait la sauvegarde devaient permettre "d'être en permanence en capacité de déployer sur le territoire national 7.000 soldats " dans le cadre de l'opération Sentinelle.

L'armée usée sur les Opex

En tout cas, l'annonce du président était capitale pour l'équilibre des forces armées, usées sur les terrains des opérations extéieures (François Hollande a envoyé les troupes françaises, sur trois théâtres différents), pressurisées sur le sol national depuis les attentats de janvier (l'armée avait dû mobiliser 10.000 hommes, en quelques jours). Le dispositif, disaient les spécialistes, ne pouvait tenir qu'un mois. Il tient encore, du moins en partie. Ce n'est que cet été qu'il sera ramené à 7.000 hommes.

Sentinelle supposerait trois fois plus de soldats

Ce que la Présidence ne dit pas, mais que les militaires disent, eux, c'est qu'un dispositif tel que l’Opération Sentinelle nécessite en réalité trois fois plus de soldats si l’on considère les relèves, les entrainements, les préparations ... Ces postes sauvegardés supposent un financement, d'où cette rallonge de trois milliards huit cent millions pour la période 2016 – 2019, a expliqué François Hollande.

François Hollande, président de la République, à l’issue du Conseil de défense :

L'annonce sera moins sensible en plein coeur des vacances

"L'annonce sera moins sensbile en plein coeur des vacances ", avait commenté la veille un militaire. L'opération Sentinelle est surtout un enjeu politique car la surveillance des lieux publics tient davantage de l'affichage que de l'efficacité avérée. Au contraire même, ces missions statiques privent les soldats d'entrainements essentiels pour eux,quand ils sont envoyés sur des terrains de guerre.

Comme s’il suffisait de croire aux tours de magie…

Sur le budget de cette année, l’Elysée a été beaucoup plus approximatif : les caisses du ministère de la Défense accusent un trou de plus de deux milliards. L'option des sociétés de projet, initialement envisagée, a été finalement abandonnée, Contrairement à ce que François Hollande disait en début d'année. Il s’agissait, concrètement, de réaliser du leasing avec du matériel militaire. A la base, des fréquences hertziennes devaient être vendues à des opérateurs téléphoniques sauf que la vente n'a pas eu lieu. La solution de repli a été de créer des sociétés de projet. Ces structures devaient acheter du matériel militaire pour le louer ensuite aux militaires. Bercy s'y opposait, et sur ce coup là, le ministère de l'Economie a obtenu gain de cause. Le dispositif est abandonné alors qu'en début d'année François Hollande promettait sa création imminente. Les crédits budgétaires devraient donc venir combler ce "déficit" : c’est en tout cas ce qu’assure l’Elysée. Sans, toutefois, davantage de détail. Comme s’il suffisait de croire aux tours de magie…

La classe politique salue, en partie, les mesures

A droite les réactions sont plutôt positives. Comme François Bayrou, le président du Modem.

Que la France ne baisse pas la garde en matière de Défense c'est nécessaire, de ce point de vue là les efforts consentis sont justifiés

Ou encore Jean-Pierre Raffain, ancien premier Ministre et président de la Commission des Affaires étrangères au Sénat.

La réponse du Président de la République relative à l'impasse budgétaire dans laquelle sont placées nos armées est positive

Une réaction négative parmi quelques autres, celle d'Hervé Morin, l'ancien ministre UDI de la Défense.

L'équation budgétaire du ministère de la Défense c'est qu'il manque trois milliards par an. On est encore loin du compte

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