Avec le confinement, le télétravail s’est imposé pour quelque 5 millions de salariés. Un déploiement massif mais précipité, désorganisé. Les syndicats réclament à présent une négociation interprofessionnelle, ce que ne souhaite pas, à ce stade, le patronat. Mais le Medef accepte tout de même d’ouvrir la discussion.

Télétravailler, ce n'est pas toujours une organisation simple à gérer
Télétravailler, ce n'est pas toujours une organisation simple à gérer © Radio France / Florence Gotschaux

Ces sept semaines de confinement auront été révélatrices. Il y a beaucoup plus de postes qu'on ne le croit à pouvoir basculer en télétravail, et il y a plus de volontaires qu'on ne l’imagine. Même si les salariés qui l’ont testé se disent, aujourd’hui, fatigués, 9 sur 10 se disent aussi prêts à poursuivre, selon une consultation de l’Anact, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail.

"Il faut un encadrement clair", prévient la CGT, qui a été le premier syndicat à lancer une enquête auprès de 34 000 salariés.

"Le télétravail ne doit pas rester une zone de non-droit, à l’image de ce qui a pu se passer ces derniers semaines."

Là où de nombreux salariés ont utilisé leur matériel ou leur connexion wifi, faute d’équipement professionnel, la CGT rappelle notamment que l’employeur doit prendre en charge les frais professionnels.

Le 100% télétravail n’est pas forcément souhaitable

Le dernier accord sur le télétravail remonte à 2005. "Ce qui ne doit pas changer, c’est le volontariat", estiment les syndicats CFDT, UNSA CFTC, qui ont publié en fin de semaine une liste de propositions commune. L’entreprise doit fournir les outils, respecter le droit à la déconnexion. Et le 100% télétravail n’est pas forcément souhaitable.  Les syndicats jugent qu’il est préférable d’alterner journées de travail à la maison et journées au bureau. _"_Le travail en équipe reste important pour éviter l’isolement", abonde Force ouvrière.

Dans le Parisien/Aujourd’hui en France du 17 mai, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bezieux, dit souhaiter un diagnostic partagé et reconnait que le télétravail peut compter, particulièrement dans les métropoles, où les salariés subissent les temps de transports et la pollution. Et le télétravail, ce n’est pas forcément le travail à la maison. Dans une discussion organisée par le journal, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, imagine lui des espaces de coworking en bout de ligne RER. Le télétravail mérite en tout cas qu’on ouvre une discussion, en faisant attention, dit-il, à l’intérieur des entreprises, à ne pas opposer les cols bleus et les cols blancs.

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