L'économie, une science en crise ?
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À l'heure de l'économie collaborative, les consommateurs se tournent de plus en plus vers le troc, l'achat d'occasions et l'échange de services, comment les grandes enseignes réagissent pour ne pas se faire doubler sur Internet ?

Prendre le tournant de l'économie collaborative ou se faire doubler par de nouveaux arrivants sur le web ? Les grandes enseignes ont vite fait leur choix. De plus en plus, les grandes marques mettent en place des plateformes histoire de se réapproprier les bénéfices de cette économie du partage.

Peur de se faire "ubériser"

L'ubérisation c'est ce néologisme qui rappelle le nom de l'entreprise américaine, Uber, qui fait trembler les compagnies de taxis. Le principe : vous vous réveillez un jour en découvrant que votre activité économique est complétement obsolète. Les grandes enseignes françaises ont mis du temps à réagir et ont pris quelques années de retard. Cathérine Lejealle est sociologue, elle analyse ce tournant chez les grandes enseignes.

Les enseignes se sont vues désintermédiées, court-circuitées par des plateformes qui mettaient directement en lien les particuliers.

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Catherine Lejealle pr WEB

Durée d'utilisation d'une perceuse : 12 minutes

Immobilier, vacances, bricolage, déplacement... l'économie collaborative n'a plus de frontières grâce à Internet mais aussi à cause du contexte de crise. Alors les grandes enseignes comme Mr. Bricolage mettent en place des plateformes pour que les clients puissent acheter et vendre leurs occasions. C'est l'esprit du site la Dépanne, qui permet aux clients de s'échanger des conseils et même de louer du matériel. Ce vers quoi les bricoleurs se tournent de plus en plus, surtout quand ils savent qu'en achetant une perceuse ils ne l'utiliseront (en moyenne) que 12 minutes au total ! Mais autant se couper l'herbe sous le pied pour l'un des leaders du matériel de bricolage ? Pas du tout, répond le PDG du groupe Mr. Bricolage, Jean-François Boucher.

On a voulu être à l'initiative de ce site parce qu'on savait que des mutations arriveraient sur notre marché. Cela nous permet d'attirer une clientèle plus jeune, d'avoir un capital sympathie et de collecter de la donnée

"Vendre de l'ancien et pour acheter du neuf"

Même logique chez Decathlon la "marque de sport préférée des français" organise depuis 30 ans des Trocathlon où les amateurs de sport peuvent revendre leur matériel, devenu inutile. "Avant même la logique économique il y avait une logique écologique" explique Xavier Rivoire le responsable communication chez Decathlon. Mais ce troc, où le vendeur repart avec un bon d'achat, a pour principe "écologique" de vendre pour racheter.

Investir dans un vélo c'est un investissement lourd et c'est tout a fait dommage de laisser ce matériel usager sans plus jamais y toucher ni en avoir un bénéfice. Donc on est entré dans cette logique de recyclage : vendez de l'ancien pour acheter du neuf.

Un français sur deux a déjà eu une expérience de l'économie collaborative

S'insérer dans l'économie collaborative devient presque une question de survie dans la mesure où le marché évolue. En effet un français sur deux a déjà eu une expérience de cette économie. Les grandes enseignes l'ont bien compris et Castorama qui veut "devenir leader de l'amélioration de la maison" met en place des sites où les amateurs peuvent apprendre à bricoler et réparer leur habitat. Mais quel intérêt économique Castorama trouve là ?

Pour, Guillaume Dumarché, le directeur marketing du groupe il s'agit d'un "supplément à notre modèle économique".

Plus on aura de français qui réaliseront leur projet et qui sauront améliorer leur maison, plus on aura de clients et plus on rendra pérenne l'activté de l'entreprise.

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