les agriculteurs français inquiets de l’impact de l’embargo de moscou
les agriculteurs français inquiets de l’impact de l’embargo de moscou © reuters

La Russie se prive des produits agroalimentaires occidentaux. Moscou a décidé de suspendre ses importations en fruits, légumes et liquides en provenance notamment d'Europe et d'Amérique. Une décision en forme de représailles après les sanctions prises contre la Russie dans la crise ukrainienne. L'Europe perd un marché important de 12 milliards d'euros par an.

La mesure annoncée par le Premier ministre Dmitri Medvedev prend effet dès ce jeudi pour une durée d'au moins un an. La Russie a décidé d'interdire l'importation de fruits, de légumes, de viandes, de poissons, de lait et de produits laitiers en provenance des Etats-Unis, de l'Union européenne, d'Australie, du Canada et de Norvège. La Russie absorbe à elle seule 10% des exportations agricoles et agroalimentaires de l'Union européenne chaque année.

Le spectre d'une crise sur les marchés

La décision russe inquiète également en France. "La Russie se ferme aux importations, mais les produits qui n'iront plus à l'exportation vont se rabattre sur les pays européens et créer une situation de crise", déclare Xavier Beulin, patron de la FNSEA, le principal syndicat agricole français.

Xavier Beulin a demandé à rencontrer rapidement le Président de la République François Hollande pour évoquer la situation. Il s'inquiète notamment du fait que les fruits et légumes qui ne seront pas envoyés en Russie resteront sur le marché européen, entrainant une baisse des prix qui pourrait entrainer une crise. Les producteurs de pêches, de tomates et de produits laitiers connaissent déjà une crise dans leur secteur. Xavier Beulin craint que l'embargo russe entraîne une baisse des prix qui "ne permettent pas aux producteurs de rémunérer leur travail".

Les explications de Manuel Ruffez

La Russie s'expose à des sanctions de l'OMC

Au total, en 2013, la France a expédié 1,17 milliard d'euros de produits agro-alimentaires vers la Russie, dont 450 millions en boissons alcoolisées. Au niveau européen, les fruits et légumes frais, les fromages, et la viande porc notamment représentent chacun un volume d'affaires d'un milliard d'euros environ. Le marché des vins et spiritieux à l'importation russe représente 1,5 milliard d'euros par an.

Cet embargo est considéré comme "peu justifié" par Bruxelles qui a déjà porté plainte en avril devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La Russie, qui est membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'expose à de nouvelles sanctions de sa part après cette décision. L'ambassadeur de l'Union européenne à Moscou Vygauda Usackas a fait savoir que l'Europe pourrait prochainement saisir l'OMC sur ce dossier.

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